Nous voici donc à Tulum pour profiter un peu de la plage. Cette ville a l’avantage de ne pas être autant envahie par les Américains que Cancun et d’avoir des plages sans doute aussi belles (et moins fréquentées). Ceci dit, la ville en elle-même n’a aucun charme. Notre auberge n’est malheureusement pas au bord de la plage mais les navettes gratuites nous permettent d’y être vers 9h du matin. Je ne sais pas si les nuages ont découragé les gens, mais nous sommes quasiment tout seuls à notre arrivée.
Un petit cocotier nous tend les bras, toutes les conditions sont réunies pour que je puisse « supporter » d’être à la plage : de l’ombre, du vent, et l’absence de foule. Ah, j’oubliais, une bière bien fraîche tant qu’à faire!
Quand nous repartons vers midi, la plage a commencé à se remplir et le soleil à taper sérieusement. Il tapait déjà avant, mais je ne m’en suis malheureusement pas rendu compte tout de suite, les plaques rouges un peu partout et la mini insolation dont je subirai les conséquences le soir me serviront de leçon.
Tulum, ce n’est pas uniquement des plages, c’est aussi des ruinas au bord de la mer, avec même une aire de baignade aménagée. Il paraît que certains Français un peu excentriques (suffisamment pour s’exiler à New York en tout cas :p) essaient d’économiser l’onéreuse entrée (un peu moins de 3 euros par tête) en gagnant le site à la nage!
Tulum, c’est encore des « cenotes », ces grottes plus ou moins englouties que l’on peut visiter avec palmes et tuba (ou avec des bouteilles si elles sont complètement sous-marines et qu’on a le niveau de plongée adéquat, ce qui n‘est pas mon cas). C’est assez fou de se faufiler entre stalactites et stalagmites, il faut parfois retirer le tuba pour passer tellement c’est étroit! Super souvenir en tout cas, mais pas beaucoup de photos, on n’a pas encore investi dans une coque étanche pour l’appareil !
Mais à dire vrai, Tulum n’était en fait qu’une étape vers notre petite escapade à Punta Allen, petit village de pêcheurs loin du tumulte de la ville. Nous avions réservé une petite casa chez Sirena, sirène californienne sur le retour installée dans ce petit village reculé, pour nous poser, profiter de la plage « naturelle » (pas nettoyée donc avec pas mal d’algues) et du calme. Pas de chance, en arrivant nous constatons qu’une sorte de mini fête foraine s’est installée sur la place du village, à deux pas de notre case, et que des sirènes d’un autre genre vont hanter nos soirées. Le raffut est efficace et rameute une bonne moitié du village autour des deux manèges…
La première soirée est assez originale : Sirena nous convie à la « surprise party » en l’honneur d’un de ses amis dont c’est l’anniversaire. Elle nous dit que la fête aura lieu dans le jardin et que certains viendront avec des instruments de musique pour égayer la soirée. Forcément, avec le brouhaha qui règne, tout le monde se réfugie à l’intérieur. Après avoir discuté un moment dans le jardin avec deux Québécois mexicains d’adoption (wow, on m’avait prévenu mais je ne pensais pas que ce serait aussi difficile! Honnêtement on comprend mieux les Américains!), nous osons entrer pour voir ce qui se trame à l’intérieur. Une petite dizaine de personnes « festoient » : dans une ambiance tamisée (ah oui, j’avais oublié de préciser, le générateur était en panne, donc bougies pour tout le monde), certains sont allongés dans des hamacs, d’autres jouent du banjo ou du violon, la plupart chantent, et enfin, dans un coin de la pièce qui joue le rôle de salon sont vautrées les deux sirènes (la patronne et sa grande copine) qui planent complètement, tirant tranquillement sur leur joint comme elles devaient déjà le faire à Woodstock… Nous restons un moment car il faut avouer que les musiciens et chanteurs sont plutôt doués, nous demandant en allant nous coucher comment tout ça va bien pouvoir se finir…
Les journées ne seront pas vraiment violentes, entre repos dans les hamacs, repos au bord de la plage, petits ploufs dans la mer, repos en regardant se coucher le soleil, qui pour récompenser notre persévérance, évacuera enfin les nuages le dernier soir.
Nous ferons quand même une petite excursion en bateau au cœur de la réserve Sian Ka’an. Nous y verrons quelques jolis oiseaux, des dauphins, et pourrons, équipés de masques et tubas, admirer le reef où nagent de jolis poissons multicolores. On a malheureusement raté les tortues.
Nous décidons de fuir le monde et l’augmentation des prix qui accompagnent la semaine sainte au Mexique et au Guatemala (on ratera donc les processions hallucinantes où, entre autres choses, des gens paient pour se faire fouetter en parcourant le chemin de croix) et de nous réfugier au Belize, pays anglophone, majoritairement noir et culturellement proche de la Jamaïque.
Adios Mexico!