Entre Guatemala et Honduras

Alors tout d’abord pour commencer, une petite rectification concernant le « jeu du coiffeur » qui en réalité, n’en était pas vraiment un : c’est simplement que j’ai suggéré finement, comme je sais le faire, à Ronan d’essayer une coupe « militaire » pour ses côtés pratiques lors de notre voyage alors nous avons profité d’une après-midi pluvieuse pour tenter l’expérience… Et même s’il fait la tête sur les photos, il est plutôt satisfait du résultat !

Notre dernière étape au Guatemala nous a conduit à Antigua, superbe ville coloniale, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.  Nous avons déambulé dans les rues pavées, visité les nombreuses églises, nous sommes posés dans des petits cafés au milieu de petites cours dans de vieilles bâtisses… Et nous avons même fait une folie en allant manger des sushis car à Antigua, on trouve de tout ! Une ville à part, qui n’est pas vraiment à l’image du reste du pays mais qui fait plutôt penser à une ville mexicaine, voire européenne.

Nous avons fait l’excursion quasi incontournable au volcan Pacaya, qui est en activité permanente. La particularité de cette randonnée est que l’on peut s’approcher de très très près des coulées de lave. C’est particulièrement dangereux, surtout qu’à un moment a surgi du haut d’une « colline » une nouvelle coulée de lave inattendue, mais des dizaines de touristes font le déplacement chaque jour. Et il faut dire que le spectacle tend à faire oublier la dangerosité de l’endroit. Certains plantent même leur bâton en plein dans la lave, voire y font griller des marshmallows…

C’est plus parlant en film :

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Nous quittons à l’aube le Guatemala direction Copan, au Honduras, où se trouvent les troisièmes « grandes » ruines mayas (après Palenque au Mexique et Tikal au nord du Guatemala, souvenez-vous), réputées en particulier pour leurs inscriptions et leurs masques. Un peu hagards après un réveil à 3h30 ce jour-là, nous déambulons, un peu mous, entre les pierres et les superbes perroquets, et évitons de justesse un orage bien lourd. Le lendemain, on repart déjà, direction les îles !

Plus de photos d’Antigua et du volcan

Un peu plus de photos des ruines de Copan

San Pedro mais avec de l’eau

Après une semaine de cours dans la grande ville qu’est Xela (à prononcer comme la copine de Ringo), nous avons décidé d’essayer un autre endroit pour poursuivre notre apprentissage de l’espagnol : San
Pedro La Laguna, « village » de 13 000 âmes réputé pour ses écoles de langue et idéalement placé sur le lac Atitlan, considéré par certains comme le plus beau lac du monde grâce aux impressionnants volcans qui l’entourent. Depuis l’école, qui surplombe le village, nous pouvons à loisir admirer cette magnifique étendue d’eau :

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Bon d’accord, entre deux, ça donne ça :

Eh oui, de l’eau, nous aurions aimé en voir un peu moins pendant cette semaine qui a sonné pour nous le début de la saison des pluies. Le principe : le matin nous étudions, comme à Xela (mais « seulement » 4 heures cette fois) et l’après-midi nous visitons les alentours attendons sagement que la pluie s’arrête. Une seule fois dans la semaine nous oserons braver les aléas météorologiques pour gagner le petit village de San Marcos, situé à 15 minutes de « lancha », bateau à moteur collectif permettant de relier la dizaine de villages du lac.

Heureusement, nous n’avons pas cours le weekend, ce qui nous permettra de profiter du temps plus clément du matin pour grimper à la « Narriz del Indio » qui offre un bien joli panorama sur le lac et le volcan San Pedro. Le lendemain est dédié à Chichicastanengo qui abrite le plus grand marché d’Amérique Centrale. Nous profitons d’avoir encore un peu de place dans nos sacs pour faire quelques affaires dans cette belle harmonie de couleurs.

Bon et l’espagnol dans tout ça? L’école nous a un peu déçu par rapport à Xela, d’abord parce que les profs que nous avons eus n’avaient pas toujours l’air motivés par leur travail (gros soupir quand on arrive le matin, ça fait toujours plaisir!) et parce que les activités proposées étaient quasi inexistantes… Mais on a quand même continué de progresser grâce aux cours et aux discussions avec la famille. Contrairement à la semaine d’avant, nous avons décidé d’être sous le même toit. On a bien fait car celui qui n’aurait pas été dans cette famille aurait sans doute été bien jaloux : Micaela, José et leurs deux enfants, Lucas (12 ans) et Julissa (7 ans) nous ont en effet fait passer une super semaine en leur compagnie.

On peut dire que cette famille modeste (je pense que leur première source de revenus est très largement constituée par l’argent reçu de l’école) en a vu des vertes et des pas mûres : à cause d’un père alcoolique, Micaela est obligée de partir à 11 ans faire la domestique à Guatemala City. Heureusement, ses employeurs sont patients et prennent le temps de tout lui apprendre, à commencer par l’espagnol… Elle est maintenant mère au foyer, comme la plupart des femmes guatémaltèques. José, peintre de son état, fait confiance il y a 5 ou 6 ans à un pasteur évangélique qui lui promet le bonheur grâce à un « passage » aux Etats-Unis moyennant la maudite somme de 5 000 dollars (le revenu moyen quotidien à San Pedro n’excède pas 3 dollars). Il hypothèque la maison familiale et après 15 jours de calvaire se retrouve livré à lui-même, dans un village mexicain à 200 km de la frontière américaine sans un sou ni rien à manger. Retour à la case départ, pour le plus grand bonheur de sa femme, qui ne l’aurait sans doute jamais revu s‘il avait réussi à entrer aux Etats-Unis. Bien sûr, le fameux pasteur ne veut plus entendre parler de José et le passeur s’est évaporé.
Mais tout ça est de l’histoire ancienne, et après plusieurs années de vraie galère, notamment pour rembourser l’hypothèque, la situation s’est améliorée et tout ce petit monde semble tout simplement heureux.

Les enfants de la famille étaient très sympas, habitués qu’ils sont à voir défiler les « amigos », comme ils nous appellent, dans leur maison. On a même eu droit à une démonstration de danse sur le tube du moment (on l’entend plusieurs fois par jour depuis le Mexique, on se demande si ça cartonne autant en France? Désolé pour les torticolis, va falloir que je voie comment redresser la vidéo…).

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Parmi les activités pratiquées en famille, nous avons joué « au coiffeur ». Malheureusement pour moi, j’ai perdu quand on a tiré à la courte paille. Le résultat me fait penser à un pongiste de la JUMP qui se reconnaîtra :D

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Plus de photos

Même nous on bosse!

Après avoir fait un parcours touristique sans faute dans le Nord du Guatemala, nous mettons le cap au sud-ouest, direction les « Highlands ». On prend les chemins de traverse et après une journée de route assez fatigante (lors de laquelle on emprunte des sortes de pistes où passent les voitures après des éboulements à faire pâlir les plus habitués de la route du littoral…), on arrive à Quetzaltenengo, deuxième ville du pays, surnommée « Xela ».

Cette ville est réputée pour sa tranquillité, un mode de vie assez traditionnel avec des coutumes mayas, mais aussi pour ses écoles d’espagnol. On décide d’y prendre une semaine de cours car les écoles proposent des formules bien pratiques : cours le matin, seul avec un professeur, logement dans une famille et activités avec les autres étudiants organisées par l’école. On prend une formule « intensive » puisqu’on suit 5 heures de cours et qu’on loge dans 2 familles, histoire de profiter d’expériences différentes et d’avoir plus d’occasions de parler.

Je dois dire que j’ai eu beaucoup de chance : j’ai eu une professeur faisant des études de pédagogie et j’ai logé dans une super famille. C’est une famille de classe moyenne ++, composée des parents, de leurs deux grandes filles et d’une domestique. Les parents sont directrice d’école primaire et présentateur radio (ça ne s’invente pas!) et les filles font des études de médecine pour l’une et de droit pour l’autre.

J’ai été très bien reçue, les parents s’intéressant aux modes de vie occidentaux et racontant plein de coutumes et problèmes du Guatemala. Les deux filles n’ont pas été d’une grande compagnie, plantées devant la télé à « étudier » la plupart du temps. Par contre, la « domestique » était très sympa et pleine de joie de vivre malgré sa situation plutôt difficile. A à peine 20 ans, elle doit travailler loin de son village pour nourrir son enfant de quatre ans élevé par sa mère (elle ne le voit qu’une fois tous les 2/3 mois) depuis que son mari, parti tenter sa chance illégalement aux USA comme beaucoup de Guatémaltèques, a refait sa vie là-bas… Et il lui faudrait abandonner son enfant si elle voulait, elle aussi, refaire sa vie…

Dans cette famille, malgré le kitsch ambiant, la façon de vivre est assez proche de la nôtre. Les parents sont habillés en costard, il y a internet, les 2 filles sont fans de MTV et de séries américaines plus débiles les unes que les autres. Par contre, curiosité pour moi, la famille n’a pas de machine à laver le linge. Heureusement, il y a la bonne…

J’ai très bien mangé dans cette famille qui a d’ailleurs invité Ronan deux fois à dîner car le pauvret n’a pas été aussi bien loti. J’ai aussi préparé un repas français ’achement équilibré : quiches, gratin dauphinois et crêpes ! Il faut dire que la viande est chère donc on fait avec les moyens du bord. En tout cas, ils ont eu l’air d’apprécier. Et Ronan aussi bien sûr, avec ses crêpes !

La famille de Ronan, plus « typique », était d’un niveau plus modeste et logeait quatre étudiants : deux Guatémaltèques allant à la fac à Xela, une étudiante américaine en médecine venue apprendre l’espagnol pour soigner les hispanophones aux States et Ronan. La « logeuse », une femme d’âge mûr, vit seule avec sa mère. Toutes deux étaient bien sympathiques et bien amable, comme on dit ici à tout bout de champ, mais avec un zeste de « vie de famille » (qui se limitait aux repas pris entre étudiants) en plus, le séjour aurait été plus profitable.

Famille de Ronan

Famille de Ronan

Par contre, un point commun aux deux familles est la tienda, sorte de « boutique chinoise » attenante à la maison et qui vend chips, sodas, mayonnaise, piles et autres. Dans ma famille, il y avait une sorte de meule pour faire une pâte avec du maïs et de l’eau. Dès 6 heures le matin, c’est le défilé car chaque jour, les familles préparent leurs tortillas (consommées matin, midi et soir).

En dehors des cours et du temps passé dans la famille, nous avons effectué pas mal de petites excursions avec l’école. Sources d’eau chaude naturelle sortie tout droit d’un volcan, cours de cuisine, rando pour voir des coulées de lave (c’est d’un exotisme…) et même cours de salsa pour Ronan (pendant ce temps je cuisinais… ggrrr!!) On a également été en rando voir une lagune nichée dans le cratère d’un volcan. Le temps était bien gris, mais cela rajoutait au côté mystique de la scène, car à cet endroit se déroulent des cérémonies mayas. On a aussi pulvérisé le record de vitesse pour faire cette rando ; il faut dire qu’on été traînés par un Suisse et un Argentin complètement locos !

Plus de photos

Ruinas, piscinas y grutas

Pour notre premier jour au Guatemala, on se dit qu’autant commencer fort en allant à Tikal, Ze site maya mythique, réputé en particulier parce qu’il est niché au cœur de la jungle, ce qui donne à sa visite un petit côté aventurier.
Après quelques cafouillages, un petit aller-retour de 70 km pour retirer de l’argent, notre projet de camper juste à côté du site tombe à l’eau car il est trop tard et nous dormons finalement à El Remate, petit village tranquille au bord du lac de Peten Itza qui invite à la baignade :

Le lendemain, lever à 5 heures pour être sur le site dès son ouverture, à 6 heures. Grâce à l’étendue du site (il faut parfois marcher un bon kilomètre entre deux temples) et au faible nombre de courageux, nous sommes seuls au monde pendant deux bonnes heures (enfin, pas tout à fait, on croise les locaux qui font leur jogging matinal dans les arbres, une bonne petite équipe d’une dizaine de singes qui passent à 10 m au dessus de nos têtes). C’est assez magique d’avoir la jungle et les temples pour nous tout seuls :

Le site est immense et nous passons six heures bien remplies à le visiter. En plus d’admirer les « vieilles pierres », nous ferons connaissance avec quelques habitants des lieux :

Après cette belle journée achevée par quelques ploufs dans le lac,

nous mettons cap au sud pour gagner Coban, ville qui sert de départ pour des excursions à Semuc Champey et aux grottes de Lanquin. Semuc Champey est le nom donné à un ensemble de piscines naturelles aux jolies couleurs. L’endroit est très agréable et le guide nous fait descendre le long de la rivière qui a dessiné les différents bassins, mais les normes de sécurité ne sont pas vraiment les mêmes que chez nous : par exemple une simple corde pour un rappel sur une demie douzaine de mètres en terrain accidenté où la chute peut être fatale. Céline renonce à y aller et a peut-être raison (la mésaventure de notre copain Sylvain qui vient de se casser la jambe dans un coin perdu de la Patagonie y est sans doute pour quelque chose), une anglaise du groupe dégringole sur 3 mètres au retour et malgré sa chute impressionnante s’en sort avec une cheville légèrement foulée et quelques larmes.
Malgré tout, on profite de ces piscines bien agréables et d’un superbe point de vue.

Les grottes de Lanquin sont, quant à elles, assez impressionnantes par la hauteur de plafond mais nous sommes déjà un peu blasés car les grottes vues au Mexique ou au Belize nous avaient autrement époustouflés.

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Quoiqu’il en soit la journée s’est passée dans une super ambiance internationale, nous avons en particulier fait la connaissance de Pascal, Suisse très sympa qui fait le même périple que nous mais dans l’autre sens et qui a pu nous donner plein de conseils.

Plus de photos Tikal
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