Sans Pop à Popayan

Après une bonne journée de bus, nous arrivons à Manizales, petite bourgade de quelques 400.000 habitants perchée à 2150 m d’altitude et qui fait figure de capitale de la zone caféière colombienne. On est loin de la beauté coloniale de Carthagène, mais nous apprendrons à apprivoiser cette ville où nous passerons tout de même 4 nuits. Ses pentes abruptes et les montag.nes tout autour font oublier le laid modernisme de la ville dans laquelle on ne sent pas si mal. Et puis il faut dire que les alentours justifient de s’y attarder quelque peu.
Notre premier jour est plutôt tranquille, nous nous remettons du long voyage en visitant à notre rythme les « splendeurs de cette ville d’exception » :

Nous prenons même le temps de nous arrêter manger dans un salon de thé où nous savourons des spécialités locales : moelleux au chocolat et coupe de fraises chantilly!

Le lendemain, nous nous dirigeons vers le parc « Los Nevados » pour une excursion qui doit nous emmener à 5100 m d’altitude. Malheureusement, un pneu du bus éclate pendant l’ascension, nous faisant perdre un temps précieux et nous devrons nous arrêter à peine plus haut que le Mont Blanc, à 4900m. Pas d’exploit sportif cependant puisque le bus nous a laissés à 4800m! On sent quand même bien les effets de l’altitude lors de cette petite balade, le souffle est bien court! Au fur et à mesure de la montée, on admire les paysages changer. Etonnamment, il n’est pas prévu de s’arrêter au plus bel endroit qu’on devra se contenter d’admirer à travers les vitres du bus. Mais le déplacement valait largement le coup :

Au retour, on se remet de nos exploits sportifs et surtout du froid ambiant par une petite plongée dans des sources chaudes bien réparatrices.

La Colombie étant le pays du café par excellence, on ne pouvait pas quitter ce pays sans aller visiter une plantation. Nous mettons donc les voiles sur la petite ville de Chinchina et la plantation « Guayabal ». Nous avons droit à un guide pour nous deux, ce qui rend la visite bien agréable. Nous apprenons par exemple que la torréfaction n’est jamais faite en Colombie mais directement dans chacun des pays importateurs à cause des coûts de l’opération. Sachant qu’en plus les meilleurs grains sont réservés à l’exportation, on comprend mieux pourquoi le café qu’on boit ici est aussi mauvais… L’endroit est en tout cas bien sympathique et le repas qu’on nous sert après la visite délicieux.

Popayan, surnommée « la ville blanche » est notre dernière véritable étape en Colombie. Cette ville coloniale a su préserver à la fois sa beauté et son âme. Contrairement à Carthagène, on n’a pas l’impression ici d’évoluer dans un environnement aseptisé, la ville est restée vivante et n’est pas seulement un musée.

Cette ville colombienne restera forcément un peu suisse dans nos cœurs car nous y avons passé une soirée assez incroyable, dans un restaurant tenue par une suisse, colombienne d’adoption depuis 28 ans, en compagnie de 4 suisses rencontrés dans la journée et d’une partie de la famille colombienne de l’un d’eux. Celui-ci, colombien d’origine adopté à l’âge de deux ans par des Suisses, a décidé de partir à la recherche de sa famille biologique à l’âge de 28 ans. Il l’a retrouvée assez facilement et les retrouvailles ont été d’autant plus poignantes que les formalités d’adoption ont apparemment été bâclées, la famille colombienne pensant au départ que leur enfant reviendrait après quelques années… Son retour 26 ans plus tard a provoqué quelques pleurs et quelques nuits blanches à rattraper le temps perdu. Nous avons pu avoir un aperçu de la complicité retrouvée lors de cette soirée à laquelle n’aura manqué que la fondue, malheureusement en rupture de stock!

Par chance nous sommes à Popayan au bon moment pour faire un tour au marché indien de Silvia. L’ambiance nous rappelle celle de l’Equateur, qui n’est plus qu’à quelques heures de bus…

C’est enfin l’heure de quitter la Colombie, nous passons la nuit à Impiales et avons le temps avant de passer la frontière de visiter la curieuse église de « Las Lajas » construite suite à l’apparition de la Vierge au-dessus d’une rivière et important lieu de pèlerinage depuis.

Le trajet pour rejoindre l’Equateur est vraiment somptueux, c’est en effet dans cette région que naissent les trois cordillères andines colombiennes.

Plus de Manizales…
… et de Popayan

Les hautes terres colombiennes

Après le repos bien mérité à Taganga, nous faisons nos adieux à la mer pour un bon bout de temps: on ne verra plus les chaudes Caraïbes et surtout on ne sait pas quand on pourra remettre un pied dans la mer!

Nous posons les sacs à San Gil, jolie bourgade nichée dans la Cordillère orientale de la Colombie. Tout de suite, on respire mieux; l’air frais des montagnes est là et David se sent renaître…

San Gil est la « capitale » locale des sports d’aventure: parapente, rafting, escalade… Néanmoins, la poule étant ce qu’elle est, elle est bel et bien mouillée et nous nous sommes contentés de visiter les cascades du coin qui nous ont permis de rencontrer une drôle de bête.

La visite des vieux villages coloniaux aux murs blanchis à la chaux restera notre gros coup de cœur de cette région. Barichara est une merveille de petit village sorti tout droit du XVIIIè siècle. Ses rues pentues, ses maisons basses et blanches aux toits de tuile et ses églises de brique lui donnent un charme incomparable.

Médusés, nous déambulons toute une après-midi, après avoir fait étape dans un bien bon restaurant, où Ronan le barbare a goûté aux fourmis, une spécialité du coin!

Nous revenons le lendemain au village; cette fois-ci pour emprunter un ancien chemin de muletier. Une bien belle promenade qui nous offre des vues spectaculaires sur le canyon du rio Suarez et qui nous propulse jusqu’à Guane, un autre joli village.

Trois jours au vert, nous sommes requinqués pour mettre le cap sur Bogota. Eh oui, tout a une fin et l’heure du retour a bientôt sonné pour le bragard… A vrai dire, la capitale colombienne ne nous laissera pas un souvenir mémorable. Il y a certes les jolies rues de la Candelaria, le quartier du centre historique, qui sont assez photogéniques.

La première impression est celle d’une ville résolument moderne et jeune. Nous tombons par hasard sur les défilés de la Gay Pride qui ne sont pas en reste par rapport à ceux des capitales européennes.

Mais nous nous sentons moyennement à l’aise dans cette ville réputée dangereuse, dans laquelle on erre hagard toute une soirée (un jour férié, certes) à la recherche d’un restaurant, qui plus est pour fêter la dernière soirée de Pop. Nous atterrirons après bien des pérégrinations dans un « boui-boui », au demeurant assez sympathique. On voit défiler de nombreux SDF venus quémander de la nourriture. Et sur le chemin de retour de l’hôtel, pourtant à 5 minutes à pied, nous nous faisons alpaguer par des individus bien louches.
Le lendemain, nous sommes tout étonnés de voir la ville s’activer, avec son lot de gens en costume-cravate, ses restos sympas et les magasins ouverts.

Heureusement, nous profitons d’un beau panorama sur la ville depuis le Cerro de Monserrate avec un grand soleil.

Et nous découvrons les trésors du Musée de l’or, dont David n’a malheureusement pas pu profiter, avant de reprendre la route.
Quant à la poule; elle s’est envolée pour d’autres cieux, retour au poulailler !

Plus de photos de San Gil et ses alentours

Plus de photos de Bogota

El pollo perdido

C’est un tout petit coucou qui nous propulse à Carthagène, notre première étape en Amérique du Sud et rendez-vous avec David, alias Pop ou encore la Poule pour les intimes. Notre mascotte semble apprécier le vol, toute seule au dernier et 9ème rang de l’avion (à hélices bien sûr!).

A l'aise sur son siège

A l’aise sur son siège

Après une bonne nuit dans notre hôtel bien agréable avec son jardin intérieur, sa patronne à moitié française aux petits soins et la mer juste en face, nous récupérons David qui va nous accompagner pendant deux semaines. Nous avons une pensée pour Amélie et Sylvain (qui ont été obligés d’écourter leur voyage en Amérique Latine à cause d‘une mauvaise chute en Patagonie et qui étaient initialement à l’origine de la venue de David en Colombie) au moment des retrouvailles.

Carthagène s’avèrera être la ville idéale pour une transition en douceur pour David (hormis la chaleur) : c’est en effet la ville de Colombie la plus sûre, l’une des plus propres et des plus jolies également. Les balades dans ses rues sont vraiment très agréables, les façades coloniales colorées sont de toute beauté. Même d’un point de vue musical, nos oreilles ne sont pas, pour une fois, agressées par la soupe « romantique » locale ou le reggaeton mais apprécient les rythmes cubains qui les remplacent.

David aura encore un peu de répit avant le vrai dépaysement et le trek de 6 jours pour atteindre la Cité Perdue. Nous passons une journée à Taganga, village de pêcheurs reconverti en station balnéaire pour backpackers amateurs de plongée ou désirant recharger les batteries après le trek. Nous élisons domicile à la « Casa de Felipe », au cadre des plus agréables et avons la chance de loger dans un petit appartement avec terrasse.

Nous profitons de l’endroit pour plonger tous ensemble dans le Parc Tayrona, réputé pour la beauté de ses criques, c’est assez sympa malgré le manque total de professionnalisme du club de plongée…

Le repas du soir à la Casa de Felipe est « bluffant » pour reprendre le terme de David, c’est vrai qu’il enchante nos papilles en manque de bons petits plats bien de chez nous (le patron est français). Le tout arrosé d’un bon vin chilien, dernier repas idéal avant d’aller affronter la Cité Perdue. On sort même une bouteille de rhum du Nicaragua pour l’occasion.

L’équipe internationale que nous formons pour nous frotter à la « jungle » pendant six jours est composée d’une dizaine de routards. européens de 18 à 50 ans. L’ambiance du groupe est super bonne et nous marchons à un bon rythme. Nous accompagnent également le guide et son fils de 12 ans, ainsi qu’un cuisinier.

Au programme du trek : de monter pendant 3 jours, visiter le site une matinée puis redescendre pendant 2 jours et demi. Les journées de marche ne sont pas très longues (4 heures en moyenne) mais les cotes abruptes sont épuisantes, surtout sous la chaleur de plomb qui est ici de rigueur. Fort heureusement à chaque campement une rivière nous attend pour un bain bien mérité. Selon les jours nous dormons en hamac ou avons droit à un vrai lit, mais les nuits sont généralement bien réparatrices, sauf quand on passe la nuit à se battre avec une chauve-souris imaginaire qui se serait glissée dans la moustiquaire, n’est-ce pas David? (ou quand un énergumène roux et barbu pousse un grand « naaaaaaaaaaaaaan! » et réveille tout le monde au milieu de la nuit) Tous les soirs, on trouve de la bière, le dépaysement n’est donc pas total! Le soir passé à la Cité perdue, ce sont carrément les militaires en charge de la sécurité du site qui assurent le service! Ils ont de la bière, du rhum, mais hélas Céline n’en profitera pas : tombée malade dans l’après-midi, elle ne peut plus rien avaler… Son ascension des marches (il y en a la bagatelle de 1 200) est épique, la pauvre s’arrête toutes les cinq minutes pour vomir. Aucun des médicaments ne faisant effet, les militaires proposent de lui faire une injection, qui sera heureusement salvatrice. Nous apprenons le lendemain qu’un hélicoptère était prêt à venir nous chercher en cas de non amélioration de son état de santé; dommage on a manqué un petit survol de la région gratuit!

A part cet épisode, le trek s’est très bien passé. David qui n’avait jamais randonné en est sorti vivant malgré de nombreuses piqûres d‘insecte. L’ambiance dans le groupe était excellente et les guides très sympa. La présence du gamin nous a permis d’entretenir notre espagnol tout en marchant, car lui au moins nous attendait!

Le trek nous a permis de découvrir de bien beaux paysages, parmi lesquels des champs de coca. On aurait même pu aller visiter une fabrique de cocaïne comme l’a fait une partie du groupe mais le fait de payer la visite et donc de financer la production nous a quelque peu refroidis. Nous avons également traversé des villages indigènes, expérience toujours un peu dérangeante à cause de l’impression de « zoo humain » qu’elle dégage.

Le charme du site en lui-même réside dans son isolement et le sentiment de récompense après trois jours de marche. Les terrasses recouvertes de végétation conservent une grande part de leur mystère et seul un bataillon de militaires occupe les lieux, pour la sécurité des touristes (un groupe de touristes fut enlevé par la guerilla en 2003).

De retour à Taganga, on retrouve la douceur de notre appartement et les bons petits plats de la Casa de Felipe, indispensables remontants avant d’entamer une journée de 15h de transport pour changer d’air…

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