Oh! Mets tes pieds sur la planche!

Nous avons tout le temps d’observer l’île d’Ometepe depuis le bord du lac Nicaragua puisque nous ratons à quelques minutes près le ferry, le prochain étant quelques trois heures trente plus tard… Il y a certes des lanchas, mais Céline n’ayant pas le pied marin, nous décidons de ne pas affronter les terribles vagues du lac dans une embarcation aussi sujette au tangage. Au final, la traversée est des plus tranquilles (« du pipi de chat » diraient certaines), agrémentée par un film dans lequel aurait dû jouer Steven Segall… Bref, nous arrivons à Moyogalpa tout juste pour profiter d’un superbe coucher de soleil sur le lac.

Ometepe est née de l’union des volcans Concepcion et Maderas, qui, se sentant bien seuls au beau milieu du grand lac, ont décidé de se lier. Forcément, ils ont fait avec les moyens du bord et c’est des coulées de lave qui ont formé l’isthme qui les unit.

Seul le volcan Concepcion, le plus haut des deux, est encore actif. C’est sur lui que nous décidons d‘aller crapahuter.. L’ascension se fait à travers une forêt tropicale peuplée d’effrayantes créatures :

Serpent corail

Serpent corail

Notre guide nous avait prévenu avant la randonnée qu’un serpent noir et rouge, dont la piqure est mortelle (30 minutes sont suffisantes sans injection salvatrice, bien sûr l’île n’est pas équipée en remède miracle) peuplait la forêt, mais qu’on ne le croisait que très rarement. Nous avons eu la chance de voir ce terrifiant serpent (le guide était tout fou et n’a pas arrêté de prendre des photos) qui, au premier abord, est à peu près aussi impressionnant qu’un ver de terre :

On dirait un ver de terre!

On dirait un ver de terre!

Plusieurs sortes de singes croiseront également notre route dans cette forêt, dont les fameux « singes à tête blanche », très rapides et difficiles à mettre en boite.

A cause d’activité volcanique récente, il est fortement déconseillé d’aller au sommet du volcan, nous devrons donc nous contenter de nous arrêter peu après la sortie de la forêt, mais la vue est déjà impressionnante.

Nous descendons ensuite par un autre flanc du volcan qui permet de l’observer sous un autre angle, pas désagréable non plus. La descente nous fait croiser un autre serpent, a priori plus impressionnant, mais inoffensif.

La randonnée ne présente pas de difficultés en soi, mais la chaleur nous fait perdre 5 litres tous les 100 mètres, c’est réellement impressionnant, ce qui rend la balade plus éprouvante. Pour nous remettre de notre coup de chaud, nous sautons dans le premier bus (plus que jamais dégoulinants) pour Santo Domingo, village situé sur l’isthme entre les volcans et réputé pour sa plage. A peine arrivés, c’est le gros plouf salvateur dans l’eau du lac, en profitant de la vue sur le volcan Maderas…

Après une journée à nous prélasser sur les bords du lac, nous nous rendons compte que c’est bien sympa tout ça, mais ça manque un peu de sel. Ca nous dirait bien d’aller faire trempette dans le Pacifique aussi…
Direction San Juan del Sur, à quelques kilomètres de la frontière costaricaine. Première soirée à la plage de la ville, à nous amuser dans les vagues tout en regardant le soleil se coucher. Je m’amuse comme un gosse et me dis que ça peut être marrant sur une planche aussi, c’est d’ailleurs peut-être pour ça que le coin est réputé pour le surf… C’est décidé, je prendrai ma première leçon dès le lendemain, en plus la planche est prêtée pour la journée. Céline nous accompagne à la plage mais préfère se relaxer pendant que j’enchaîne les gamelles. Mais je me régale et réussis quand même à attraper quelques vagues.

Nous ne sommes restés qu’une grosse semaine au Nicaragua mais nous restons sous le charme de ce pays qui a tant à faire valoir. La merveille de la nature qu’est l’île d’Ometepe vaut à elle seule le détour! Nous quittons le pays en pensant une nouvelle fois qu’il nous faudra revenir…

Plus de photos d’Ometepe

Plus de photos de San Juan del Sur

Nicaragua, première partie

Nous quittons à regret Utila et le Honduras, avec l’impression de ne pas avoir vu le vrai visage du pays… Il faudra revenir, là encore. Mais le temps presse et il nous reste un mois avant le rendez-vous de mi-juin avec David en Colombie, alors il faut faire des choix.

Tous les voyageurs que nous rencontrons « dans l’autre sens », c’est-à-dire qui vont vers le Nord, nous ont vanté les mérites du plus grand pays d’Amérique Centrale. Nous ne serons pas déçus, loin de là.

Après deux longues journées de voyage, nous posons nos mochilas (sacs à dos) à Granada, l’une des deux villes coloniales du Nicaragua. Tant pis pour Leon, l’autre, nous t’avons boudée! Granada nous permet de souffler au gré d’une journée de balade dans la ville. L’attraction principale est comme toujours autour du Parque Central, changeant selon l’heure de la journée. Nos pas nous y ramènent inlassablement.

On s’éloigne un peu jusqu’au Centro Turistico, sorte de parc aménagé sur les rives du Lago Nicaragua. En fait, il n’y a quasiment personne ce jour-là, en semaine. On marche le long de la promenade bétonnée mais on est assez écoeuré par les déchets qui traînent partout et par des constructions style tourisme des années 60 qui ont mal vieilli. On trouvera quand même un petit troquet histoire de se rafraîchir un peu.

Le lendemain, nous partons voir le volcan Masaya, tout près de Granada. Ce volcan est constitué de pas moins de cinq cratères dont deux actifs. D’ailleurs, on peut voir en permanence de la fumée dans le cratère le plus gros.

Petite anecdote pour illustrer une nouvelle fois le concept local de la sécurité, tous les visiteurs du volcan sont invités à garer leur véhicule dos au volcan. Ben oui, en cas d’éruption soudaine, c’est plus pratique pour partir !

Les environs de Masaya sont bien jolis, nous apercevons un autre volcan et une bien belle lagune.

A Granada, le Lago Nicaragua, le plus grand d’Amérique Centrale, nous nargue. Jugez plutôt : 8624 km2, soit la taille de la Corse! C’est décidé, nous partons pour l’île d’Ometepe, située au beau milieu de ce lac.

Plus de photos