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Minas Gerais

Ca fait maintenant trois semaines que nous sommes rentrés et un mois que le blog n’a pas été mis à jour… Mais oublions un instant la grisaille parisienne et replongeons au Brésil pour continuer l’aventure!

Nous étions donc sur le point de quitter Rio pour gagner le Minas Gerais, état grand comme la France et réputé pour ses nombreuses villes coloniales fondées sur la route de l’or au XVIIIème siècle.

Nous récupérons notre voiture de location à l’aéroport, en dehors de Rio donc car s’il est déconseillé de conduire dans Rio, il est surtout fortement recommandé d’éviter de s’y perdre : on se retrouve facilement au mauvais endroit au mauvais moment! Bien sûr on se trompe de route et on repasse par le centre de Rio, mais bon, l’idée de départ était excellente!

Notre première étape sera Tiradentes, petite bourgade de 6000 âmes avec sa petite place du village où les trois ou quatre cafés se disputent les quelques touristes égarés ici. Nous décidons, sur les conseils de notre bible depuis dix mois, le Lonely Planet, de tester un petit resto un peu excentré réputé pour ses spécialités locales. Nous découvrons sur le chemin le village de nuit, c’est charmant.

Nous sommes les seuls clients et devons insister lourdement pour que la patronne accepte de nous servir un Frango ao molho pardo (poulet à la cocotte cuit dans son sang) car elle a très peur que nous n’aimions pas le goût très particulier du plat. Au final c’est bon, même si certains morceaux sont un peu secs… Nous découvrons le même soir les joies de la Caïpiroska aux fruits de la passion, un régal!!!

Le lendemain la matinée nous suffit largement à faire le tour de ce village splendide avant d’aller à Saõ João del Rei. Tout le centre colonial n’est qu’églises, placettes, rues pavées et maisons joliment entretenues. C’est superbe et ça reste le village que j’ai préféré au Minas Gerais.

Saõ est la plus moderne des villes coloniales : son centre-ville comprend de nombreux vestiges de l’époque coloniale mais le temps ne s’est pas pour autant figé, on y trouve de belles églises mais aussi une vraie activité de petite ville et des édifices modernes. Nous y faisons halte pour déjeuner (on découvre à l’occasion le principe des restaurants au kilo, on est aux anges!) et faire un rapide tour des curiosités de la ville :

Nous enchaînons ensuite par un petit crochet à Congonhas, ville incontournable d’après les guides car elle accueille en son sein les « extraordinaires et magnifiques » Prophètes de l’Aleijadinho (pour les curieux qui veulent en apprendre plus sur l’histoire de cet artiste hors-norme qui sculptait des chefs d’œuvre malgré la perte de ses doigts, de ses orteils, et la paralysie de ses jambes, séquelles semble-t-il de la syphilis ou de la lèpre, c’est par ). Nous sommes peut-être un peu blasés ou peu sensibles à la sculpture religieuse brésilienne, mais nous sommes un peu déçus par le spectacle (bon ok, c’est pas mal, mais de là à en faire tout un foin!) qui ne méritait peut-être pas, à notre goût, de telles descriptions dithyrambiques.

Le ciel est déjà bien gris quand nous quittons Congonhas pour Ouro Prêto, « LA » ville du Minas Gerais. Nous tournons un peu dans ses petites rues pavées à la recherche de notre pousada, ce qui laisse le temps à un déluge de s’abattre sur nous. Il pleut tellement sur les pavés qu’avec la pente, nous n’arrivons plus à monter: les roues patinent, le moteur chauffe, on est obligé de s’arrêter au milieu de la pente le temps que la rue redevienne plus praticable! Lasses d’attendre la fin du déluge dans la voiture, les filles partent en quête de l’hôtel, l’occasion de se prendre une vraie douche tropicale ! Quand le déluge est calmé, nous rejoignons tranquillement les filles à la pousada dégotée par Jeanne, qui est une des plus chouette que nous ayons vues au Brésil.

Le lendemain on se lance à la découverte d’Ouro Prêto, la perle du Minas Gerais. Le village est parsemé d’églises, de boutiques de souvenirs et… de bijouteries bien sûr! Je pense qu’on aura au final passer plus de temps dans les boutiques qu’à visiter, c’est le problème de voyager avec deux filles! ;o)

Les jours passent et se ressemblent dans le Minas Gerai, chacun a son lot quotidien de dorures, églises et autres bondieuseries. Tiens, j’en connais qui auraient a-do-ré !! Le jour suivant est dédié à Mariana, petite ville à quelques kilomètres seulement d’Ouro Prêto et qui a, elle aussi, un charme certain :

Après un bon p’tit repas dans un resto au kilo (on est fan, les buffets sont souvent très bien fournis et très variés, on redécouvre les joies des légumes et des crudités qu’on avait oubliés en Argentine!) il est temps de quitter Jeanne et Jean-Charles qui partent passer un peu de bon temps à deux à Ilha Grande avant de nous retrouver un peu plus tard à Salvador…

De notre côté, nous nous sentons bien à Ouro Prêto et nous retardons plusieurs fois le moment du départ à la dernière minute… Je pense que nous avons visité toutes les bijouteries de la ville à la recherche du bijou pour lequel Céline aurait le coup de cœur. Nous n’avons finalement pas dégotté la perle rare, elle trouve ça « trop injuste » mais c’est peut-être mieux pour le porte-monnaie ;o)

Nous nous décidons enfin à partir pour Diamantina, ville coloniale située à une bonne journée de route d’Ouro Prêto et par conséquent peu visitée.

On nous avait promis de belles randonnées à faire dans les environs, malheureusement nous n’arriverons pas à trouver d’infos sur place, l’office de tourisme étant malheureusement pour une fois archinul. Nous nous contentons donc de flâner dans les rues de ce beau village. Les pentes sont ici aussi bien raides et la vraie différence avec les autres villes du Minas Gerais est le décor : les paysages sont ici beaucoup plus « rocheux » et désolés. Mais le village est beaucoup plus petit que Ouro Prêto, et une journée nous suffit largement pour voir tout ce qui est ouvert, c’est malheureusement dimanche et les musées sont fermés!

Nous avons prévu d’aller voir un superbe musée d’art contemporain au cœur d’un grand parc floral à quelques encablures de Belo Horizonte, d’où nous devrons prendre l’avion pour Salvador, nous reprenons donc le bus après cette visite éclair de Diamentina. Pas de chance, on apprend en arrivant que le musée n’est ouvert que le weekend, nous n’avons vraiment pas bien géré notre affaire sur ce coup-là puisqu’on est maintenant lundi! Du coup nous nous rabattons sur la seule ville coloniale qui manque à notre palmarès dans le coin en allant visiter Sabara. Sympa mais ça a un petit goût de déjà vu, à force!

On saute finalement dans l’avion pour Salvador où Jeanne et Jean-Charles nous attendent déjà!…

Plus de photos du Minas Gerais

Adiós Argentina

Nous retrouvons Buenos Aires près de trois mois après l’avoir quittée et sommes tout de suite frappés par la chaleur et la moiteur que nous ne lui connaissions pas et qui contrastent légèrement avec le climat d’Ushuaïa! Nous n’avons pas loué d’appart’ pour ce court séjour et la chambre de notre hostel est loin d’avoir le charme de l’estancia que nous avons laissée quelques heures plus tôt, mais bon, c’est le problème quand on fait des « extra », il faut ensuite redescendre sur terre!

Nous servons de guide à Julie pour sa dernière journée en Argentine. Un petit tour au cimetière de la Recoleta, quelques boutiques et un pot dans un vieux café à San Telmo, une petite balade jusqu’à La Boca et enfin une petite soirée tranquille à Palermo, où nous nous sentons obligés de trinquer une dernière fois tous les trois, à la Caïpirinha! (c’est bien sûr pour nous préparer au choc culturel quand nous arriverons au Brésil, ce qui ne devrait plus tarder)

Quelques photos de plus de Buenos Aires



C’est maintenant l’heure de dire au revoir à Julie qui va passer le réveillon du nouvel an dans l’avion, tandis que nous avons prévu d’être à Rosario… c’est sans compter sur les vacances d’été qui commencent : tous les bus sont pris d’assaut, nous fêterons donc la nouvelle année à Buenos Aires. Nous n’avons pas vraiment la tête à chercher la soirée de l’année et sommes donc contents, le soir venu, de trouver un resto ouvert, qui accepte les gens sans réservation et qui n’a pas quadruplé ses prix pour l’occasion. Et tant pis s’il ressemble beaucoup à un grand bar PMU et qu’il est pris d’assaut par une cinquantaine d’équipiers du Dakar, de toutes les nationalités, excités comme des puces car le départ des « 500 connards » est pour le lendemain.

C’est une Rosario toute endormie que nous découvrons finalement, gueule de bois et jour férié obligent… Ville de naissance de Che Guevara, du footballeur  Lionel Messi mais aussi du drapeau argentin, comme le rappelle en toute discrétion le monument en son honneur, Rosario dispute à Cordoba le titre de deuxième ville argentine. Nous flânons dans ses rue désertes et comprenons en arrivant à la Costanera, promenade aménagée très agréable le long du fleuve, que toute la ville s’est donnée rendez-vous ici.

Le lendemain, la ville reprend une activité normale, nous arpentons donc les rues piétonnes et nous dévalisons les boutiques (surtout moi en fait contre toute attente, peut-être parce que je suis moins difficile!) pour nous faire un look « été » plus sympa après dix mois de voyage à user toujours les mêmes fringues.  Après cette activité épuisante, nous montons dans le bus pour rejoindre Posadas et nous rapprocher un peu plus du Brésil. Pour ce dernier bus de nuit argentin, c’est jackpot puisque au dîner nous avons droit à un whisky en apéro, du vin rouge pour accompagner le plat et… du champagne en fin de repas!

Diaporama de Rosario



Posadas doit son essor touristique à sa proximité avec les ruines des missions jésuites argentines, mais aussi paraguayennes. Entre le début du XVIIème et le milieu du XVIIIème siècle, certains jésuites installèrent dans la région une trentaine de missions dont le but était d’accueillir des Indiens Guarani pour les éduquer, les protéger de l’esclavage et bien sûr pour les évangéliser et les « civiliser » un peu en leur faisant oublier certains aspects de leur culture condamnés par la morale catholique comme la polygamie ou le cannibalisme. Mais ils ne les forcèrent apparemment jamais à apprendre l’espagnol.

Arrivés de bon matin à Posadas, nous ne chômons pas et après avoir dégotté un hôtel, nous prenons la direction de Santa Ana. Il ne reste plus grand-chose à voir, les explications sont sommaires et la star de l’endroit est en réalité le cimetière, abandonné, d’où on s’attend à voir surgir des morts-vivants à chaque instant.

On continue la visite par San Ignacio Mini, autrement conservée et entretenue. On a même droit à des bornes audio en français ce qui rend la visite agréable, même si on essaie désespérément de trouver des coins d’ombre pour écouter les explications…

Nous consacrons le jour suivant aux missions paraguayennes. Trois bus et un franchissement de frontière plus tard (plus de trois heures au total) nous ne sommes pas mécontents de découvrir Trinidad et ses ruines. C’est la plus jolie des missions que nous verrons et la mieux conservée. Contrairement à ce que nous avons vu côté argentin, certains éléments décoratifs ont ici traversé les siècles.

Nous filons ensuite à la mission de Jesus de Taravangüe, plus petite mais qui ne manque pas de charme non plus.

Toutes les photos des missions



Le retour sera éprouvant car les bus pour passer la frontière sont archibondés, ne s’arrêtent pas pour nous laisser remonter après les formalités de douane car ils sont plus que pleins, sont bloqués dans des embouteillages monstrueux entre les deux postes frontières et la queue pour rentrer en Argentine est interminable… Résultat, on finit en taxi car on doit repartir le soir même pour Iguazu et ses fameuses chutes. Le timing est au final parfait et nous sautons dans un bus qui nous dépose peu après minuit, bien fatigués, à Puerto Iguazu, à quelques kilomètres seulement du Brésil (la frontière passant au beau milieu des chutes).

Les chutes d’Iguazu sont parmi les plus spectaculaires au monde : de part et d’autre du Rio Iguazu, des alignements sans fin de cascades (pas moins de 275 au total pour une largeur totale de 2,5  kilomètres) déversent leur flot à des hauteurs pouvant atteindre 90 mètres.

Nous décidons de commencer par le côté brésilien qui offre les plus belles vues d’ensemble. C’est sublime mais le sentier qui longe les chutes laisse un petit goût de pas assez : il mesure moins de deux kilomètres au cours desquels il faut jouer des coudes au milieu des hordes de touristes…

Le côté argentin, au contraire, nous occupe toute une journée : plusieurs sentiers permettent d’observer les chutes de plus ou moins haut. .Tout est mieux aménagé et les points de vue sont plus impressionnants car on est plus près des chutes, juste au-dessus ou juste au pied des cascades. La chaleur nous donne même envie d’aller faire un tour, en zodiac, sous les cascades. Tout le monde est hilare et ressort, étonnamment, complètement trempé!

Des deux côtés, les koatis (avec qui nous avions fait connaissance au Costa Rica) abondent et n’ont pas vraiment peur des touristes… L’endroit abrite également de nombreux papillons qui sont particulièrement friands du goût inimitable de mon sac à dos.

Plus de photos d´Iguazu



Nous sommes un peu nostalgiques de quitter l’Argentine. Trois mois dans un pays, ça crée des liens! Une nouvelle page du voyage se tourne et nous allons maintenant attaquer notre dernier pays, le Brésil! SAMBA!

Des glaciers à la Bretagne

Après nos adieux (ce n’est peut-être qu’un au revoir, allez savoir!) au Chili, nous sommes de retour à El Calafate pour récupérer un nouveau paquet, Julie, le sœur de Céline. Nous allons enfin pouvoir découvrir les merveilles du coin, parce que mine de rien, ça fait bien 15 jours qu’on a mis pour la première fois les pieds ici et qu’on attend Julie pour aller découvrir le fameux glacier argentin, le Perito Moreno. Elle arrive enfin, fraîche et dispo malgré ses quelques heures de vol (elle habite à Brisbane, en Australie, et n’a rien trouve de mieux à faire que de passer par Paris pour rejoindre l’Argentine, histoire de gagner deux fois plus de miles!).

Pour compenser l’attente, on a décidé de faire une « totale » glaciers.

Nous commençons, au volant de notre bolide qui me donne forcément des frissons (une Fiat Uno certes bien plus jeune que feu la mienne, mais avec tellement moins d’options, si, c’est possible!) par rejoindre Puerto Bandera pour une croisière de 6 heures sur le Lago Argentino.
A bord d’un catamaran sur lequel nous ne sommes pas vraiment tout seuls, nous apprécions à leur juste mesure la beauté des paysages et des glaciers que nous admirons de près :

Du coup on se sent obligé de prendre la pose :

Après cette croisière fort agréable, nous rejoignons les plateformes d’observation au pied du Perito Moreno, c’est vraiment impressionnant de surplomber cette masse glacière. Nous ne regrettons pas de faire le déplacement en fin de journée, la lumière est splendide, ce qui ne sera pas vraiment le cas le lendemain matin…

Nous décidons ensuite d’aller planter la tente dans une estancia (ferme argentine) qu’on a repérée aux environs du glacier. Nous sommes complètement seuls au milieu de nulle part, avec comme compagnons pour passer la nuit quelques animaux du cru : moutons, oies et… un guanaco bien curieux. A peine éteignons-nous le moteur que le guanaco se rapproche dangereusement de notre Fiat, sans doute attiré par les odeurs de nourriture émanant du coffre. Les filles, apeurées, se précipitent à l’intérieur tandis que le « dresseur de Guanaco » qu’est Pierre l’attrape par le collier et l’éloigne sans que la bête ne bronche…

Le guanaco tentera par la suite de rentrer dans une des tentes, nous devrons donc faire appel à notre hôte, José,  pour qu’il enferme notre ami de la soirée loin de notre campement. Remis de nos émotions, nous pourrons aller déguster le cœur léger  le repas bien argentin (viande et vin) qu’on nous a préparé avec en prime une super vue sur les paysages patagons au coucher du soleil…

Le lendemain, nous avons à nouveau rendez-vous avec la glace, mais cette fois-ci il s’agit de « randonner », équipés de crampons pour l’occasion, sur le Perito Moreno. Après une rapide formation à la marche sur glace, nous découvrons le glacier de l’intérieur, et ma foi, ce n’est pas mal non plus!

Retour à El Calafate pour notre dernier dîner à quatre avant que Pierre ne rentre, déjà, à Paris… Je suis donc maintenant tout seul avec les deux sœurs pour encore 15 jours, trop dur pour moi!!!

On commence notre ménage à trois par une petite balade devant mener à un joli point de vue sur le Lago Roca. Le temps n’est pas vraiment avec nous lors de l’ascension et les filles laissent tomber à mi-chemin, il faut dire que Julie a depuis la veille un problème de patte folle et que Céline est atteinte de flemme aiguë… Ajoutez à cela un temps pas vraiment clément et hop je me retrouve à monter tout seul. Arrivé en haut, j’imagine effectivement que par beau temps ça doit être superbe, mais le ciel est bien gris, il pleut et le vent hallucinant qui souffle au sommet m’empêche de me poser tranquillement pour savourer le moment.

Bien sûr, comme pour les Torres del Paine, il a suffi que je redescende la moitié du chemin pour que le soleil revienne et que la vue se dégage… M’enfin! Pendant ce temps-là, les deux flemmardes lézardent au soleil.

Après moult hésitations sur la suite du programme, nous décidons de mettre cap au nord-ouest pour gagner la Patagonie Atlantique avant de redescendre sur  Ushuaia pour Noël.

Première étape à Puerto San Julian, premier endroit argentin jamais foulé par des Européens. En 1520, Magellan et ses hommes font en effet escale ici. Ils font connaissance avec les Tehuelches, très grands et pourvus de pieds immenses et les auraient baptisé « Patagons » en référence à leurs « pattes ».

En souvenir de cet événement, une réplique de la caravelle de Magellan a été construite sur la plage. La visite est assez expéditive mais nous permet de nous amuser comme des p’tits fous, hein Julie? ;o)

Mais la vraie star ici, c’est la côte atlantique. Un sentier côtier a été plus ou moins aménagé et permet d’admirer sur une vingtaine de kilomètres les belles falaises qui ne sont pas sans rappeler la Bretagne…

Nous reprenons la route du Sud  pour rejoindre le Parc Monte Leon, accessible depuis Piedra Buena. Ce parc, gratuit (chose rare en Argentine!), permet de rendre visite à une colonie de manchots, d’observer des lions de mer et d’admirer une île aux oiseaux. Le tout nous rappelle beaucoup la Péninsule Valdès , les baleines en moins.

Avant de passer la journée dans le bus pour gagner Ushuaïa, nous faisons halte à Rio Gallegos, la grosse ville du coin d’où viennent les Kirchner, à la tête du pays depuis 2003. Nous décidons de fêter Noël avec un jour d’avance en nous offrant un dîner dans le meilleur restaurant de la région où le couple présidentiel a, paraît-il, ses habitudes. Les couleurs hallucinantes du coucher de soleil égaient encore davantage notre apéro.

Plus de photos d’El Calafate…

Et de la Patagonie atlantique

 

Vers le Grand Sud

La descente vers le Grand Sud se fera donc finalement à bord du Navimag, mais il nous faut d’abord regagner le Chili. Une demi-journée de bus nous propulse à Puerto Varas, petite ville portuaire possédant bien plus de charme que sa voisine industrielle, Puerto Montt, d’où le Navimag lève l’ancre.

 

Nous retrouvons par hasard Paula à l’hostel et partons ensemble voir les Saltos del Petrohué dans le Parc Vicente Perez Rosales. Nous sommes tous trois sous le charme de l’endroit car nous ne pensions voir qu’une « vulgaire » cascade et nous découvrons d’ impressionnantes chutes d’eau avec en arrière fond le volcan Osorno, c’est sublime ! Une petite balade nous amène ensuite au bord du Lago Todos Los Santos.

 

 

 

Le soir, la fête bat son plein dans notre hostel, le Margouya, et nous faisons connaissance avec une joyeuse bande également sur le point de rejoindre Puerto Natales à bord du Navimag. Nous partons tous le lendemain matin à Puerto Montt, où nous avons le temps de visiter le marché aux poissons et d’y déjeuner dans un des nombreux bouis-bouis à touristes. On aura même la joie de boire un verre de Té Negro, qui est en fait le nom d’un fameux vin (« embouteillé » en Tetrapak) servi dans une tasse de thé!

 

 

Nous sommes chargés comme des baudets lorsque nous embarquons à bord du Navimag car les consommations y étant réputées chères, tout le monde a fait le plein de bière, de vin et de cochonneries diverses pour agrémenter apéros, repas, et temps morts de la journée… Nous nous retrouvons sur le pont après installation dans les cabines et la bonne nouvelle c’est que tout le monde a été surclassé car le bateau est loin d’être plein : de notre côté, nous sommes bien quatre dans la cabine mais nous avons droit à un hublot, grand luxe réservé normalement à la catégorie supérieure.

Les quatre jours de traversée sont bien agréables, nous avons prévu tout un programme (en particulier de rattraper le retard du blog…) que nous ne tiendrons évidemment pas, il est si agréable de rester plantés dans les fauteuils du bar à papoter ou à bouquiner ou de se balader sur le ponton pour admirer les paysages grandioses que nous parcourons. Le temps change très vite, dans la même journée nous pourrons avoir pluie, neige et grand soleil, mais nous nous estimons chanceux car nous avons un grand beau temps au départ et le dernier jour, ce qui nous permet d’admirer de magnifiques panoramas grâce en particulier aux nombreux fjords au milieu desquels nous voguons.

 

 

Moins chanceux lorsque nous approchons du glacier Pio XI mais nous nous sommes tout de même bien amusés (et caillés) sur le pont, avec notre petite bande qui a pris de l’ampleur au gré des rencontres sur le bateau. On profite ce même jour d’une accalmie pour découvrir Puerto Eden, village au milieu de nulle part qui a vraiment des allures de bout du monde… .

 

 

On comprend mieux l’originalité de la croisière et l’isolement de Puerto Eden en jetant un coup d’œil à l’itinéraire (en rouge). Au total, nous aurons parcouru 1500 km de fjords.

Itinéraire Navimag

Itinéraire Navimag

L’ambiance est excellente à bord et nous avons même droit, le dernier soir, à une soirée Bingo prétexte à réunir les passagers avant une folle soirée endiablée où notre bande internationale met le feu au dance floor, c’est la grosse teuf!

 

 

Nous arrivons en force à Puerto Natales, point de départ des randonneurs voulant aller faire le fameux « W » dans le parc Torres del Paine (on en reparlera). Nous avons prévu de faire ce trek mais avec Pierre, que nous devons d’abord aller chercher en Argentine ; nous quittons donc notre petite bande qui s’organise pour ces cinq jours de marche. Après un dernier repas tous ensemble, nous filons à El Calafate où Pierre nous rejoint deux jours plus tard, le temps pour nous de peaufiner le programme qu’on lui a concocté.

Plus de photos de Puerto Varas…

…et de la croisière

PS Et bien sûr nous vous souhaitons à tous un joyeux Noël, que nous passerons de notre côté à Ushuaïa, à suivre dans un prochain article…

La route des vins chiliens

La route des vins côté argentin, c’est bien! Mais l’idée c’était quand même d’aller aussi au Chili « goûter voir (oui oui oui) si le vin est bon ». Valparaiso, ville portuaire réputée pour ses collines aux maisons colorées, s’impose néanmoins comme étape avant de reprendre les dégustations.

Le port n’est pas vraiment le plus recommandable des quartiers, mieux vaut loger sur l’un des nombreux Cerros (monts) qui façonnent la ville. Nous nous installons chez « Filou », en plein cœur de Cerro Concepcion, choix que nous ne regretterons pas car l’emplacement est idéal et l’accueil, un peu « occidental » (à l’ouest quoi) mais sympathique. Malgré la mauvaise réputation de la ville (apparemment fondée puisque nous rencontrerons par la suite plusieurs voyageurs y ayant eu des problèmes) et notre évident manque de discrétion (des locaux nous ont à maintes reprises dit de ranger l’appareil photo que Françoise arbore pourtant en toute circonstance ou de porter les sacs à dos sur le ventre), nous passerons entre les mailles du filet et arpenterons tranquillement cette jolie ville, de jour comme de nuit.

La ville industrielle s’est peu à peu reconvertie en destination touristique et dans notre quartier, les taudis alternent avec les restos et les hôtels pour touristes… Le côté artiste (Pablo Neruda y a élu une de ses nombreuses résidences, la Sebastiana), les funiculaires et les pentes sérieuses achèvent la comparaison avec Montmartre. Mais ce Montmartre-là donne sur la mer et explose de couleurs…

Plus de Valpo

 

Même si la capitale chilienne ne souffre pas la comparaison avec son homologue argentine, elle demeure pour autant une ville agréable, avec ses quartiers branchés, ses « cerros » qui permettent de prendre un peu de hauteur et les Andes en toile de fond.

Bon, mais la route des vins dans tout ça? Elle a repris à Santiago-même, où à défaut de visiter des caves, nous avons vidé celles des restos où nous sommes allés déjeuner, composant nous-mêmes nos séances de dégustation après l’échec de notre tentative à l’Oenoteca, censée être the place to taste à Santiago et qui n‘offrait au final qu‘un vague bar où on pouvait commander du vin au verre… Les visites de la ville étant parsemées de « repas dégustation », nous avons maintenant étonnamment un souvenir assez flou de Santiago!

Les « dégustations » improvisées c’est bien, mais c’est aussi sympa d’aller visiter les caves pour de bon. Nous partons en « week-end » à Santa Cruz, au sud de Santiago, pour un tour des bodegas de la vallée de Colchagua. Nous choisissons cette vallée car les visites y ont meilleure réputation que dans la vallée de Maipo, plus proche de Santiago, mais aussi un peu parce que j’avais très envie d’aller visiter « Casa Silva » dont nous avions bu un vin qui nous avait laissé un très bon souvenir lors d’une fête dans la famille de Céline (les « Cousinades »).

Nous ne verrons que de grandes propriétés, toutes plus belles les unes que les autres, produisant des millions de litres de vin par an. La plupart des bodegas font aussi hôtel de luxe et restaurant gastronomique, nous mangerons divinement les deux midis et finirons dans un drôle d’état, car nous en sommes tous sûrs  maintenant, le vin chilien, lui-aussi, est bon!

C’est déjà l’heure de repartir pour mes parents avec qui nous avons passé de bons moments et profité pleinement des plaisirs de la table, aussi bien au Chili qu’en Argentine.
Nous restons quelques jours de plus dans la région de Santiago, le temps de changer de coupe de cheveux pour moi, d’aller voir un concours de rodéo sur le conseil de deux Français rencontrés à l’auberge et d’aller planter la tente que nous venons de récupérer dans le Cajon de Maipo.

Le rodéo à la mode chilienne se pratique par équipe de deux cavaliers et l’idée est de maîtriser une vache lâchée dans l’arène (media luna) , des points étant attribués en fonction de la qualité de la prestation. Nous étions les seuls touristes à assister à ce tournoi, réservé aux mâles, bien évidemment!

La randonnée dans le Cajon del Maipo n’avait rien de difficile, le but étant surtout de tester notre équipement avant la Patagonie… Les paysages ne sont pas mal du tout et nous avons « de la chance », il fait froid (nous devons traverser plusieurs fois la neige) et le vent souffle fort, ce qui sera sans doute le cas en Patagonie. La tente résiste bien au vent, quant à la pluie, il faudra attendre les treks « grandeur nature » pour s’en persuader!