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Péninsule Valdes

Il nous reste un peu de temps avant l’arrivée de mes parents à Mendoza, et le mois d’octobre est la période idéale pour voir des baleines sur la péninsule Valdès, on décide donc de mettre cap sur la Patagonie septentrionale avant leur arrivée : si ça n’optimise pas vraiment les kilomètres parcourus, ça nous permettra d’avoir plus de temps pour « redescendre » tranquillement en Patagonie par la suite.

Le trajet pour aller écouter le chant des baleines passe non loin de Villa Ventana, petite bourgade en plein cœur de la pampa qui sert de bases aux promeneurs qui veulent aller admirer le Cerro de la Ventana. Ca nous semble une chouette idée d’aller gambader un peu au vert après les 10 jours passés à Buenos Aires… Malheureusement nous arrivons à Villa Ventana sous une pluie diluvienne, le parc est par conséquent fermé et nous passons la journée entre notre chambre d’hôtel et le bar du village. Village qui nous fait d’ailleurs penser à un village alpin ou bavarois, les montagnes et la neige en moins… marque de l’importance de l’immigration allemande dans la région au XIXème siècle (tout comme le fait qu’on trouve de la bonne bière artisanale brassée sur place!)

Le lendemain, un grand soleil succède à la pluie mais le parc est toujours fermé car les chemins sont encore impraticables… Nous devons donc nous contenter de faire un petit tour bien agréable aux abords de ce grand village.

Plus de photos de Villa Ventana

 

Nous nous sommes tout de même suffisamment dégourdi les jambes et pouvons rempiler pour une nouvelle nuit dans le bus pour rejoindre Puerto Madryn, porte d’entrée touristique de la péninsule Valdès. La région est surtout réputée pour sa faune marine, puisque en fonction des saisons et des endroits, on peut voir des pingouins (il paraît qu’en français il faut dire manchots parce qu’on est dans l’hémisphère sud, mais en anglais et en espagnol on dit pingouins alors bon…), des dauphins, des éléphants de mer, des lions de mer et même avec beaucoup de chance des orques… mais les vraies stars du coin sont les baleines, qui viennent s’abriter sur les côtes de la Péninsule entre septembre et décembre.

Nous commençons par rendre visite aux pingouins du côté de Punta Tombo, où une colonie de quelques 500 000 âmes vient s’installer au moment de la reproduction. Le sentier « touristique » serpente au milieu des nids et le parc offre peu de protection aux pingouins que l’on peut piétiner si on n’y prend pas gare! …

On a souvent l’impression d’être en train d’observer une civilisation de lutins puisque les pingouins, bien plus petits que nous, se déplacent aussi sur leurs 2 pattes postérieures. Nous avons la chance de les voir s’adonner à des activités variées : on assiste entre autres choses à des cris dignes du loup de Tex Avery, à des danses de séduction pleines d’entrain et souvent infructueuses d’ailleurs (le but étant de mettre la partenaire à terre afin de profiter d’elle), à des câlins plus ou moins crapuleux, à des combats entre mâles à coups de becs et à des bonnes siestes prétextant ou non la couvaison du rejeton à venir.

Vient ensuite le tour du « gros morceau » de la région, c’est le cas de le dire, la baleine franche australe… On les voit déjà très bien depuis certaines plages de la péninsule, mais le top du top c’est de faire une petite balade en bateau pour les approcher d’encore plus près. Ces mastodontes marins se laissent non seulement approcher par les bateaux mais on a parfois l’impression qu’ils s’amusent de notre présence, qu’ils nous observent… Une baleine est ainsi restée un bon moment juste à côté de notre embarcation, disparaissant de temps en temps pour passer sous le bateau avant de réapparaître de l’autre côté à moins d’un mètre de la coque…

Nous louons enfin une voiture pour faire le tour de la péninsule, accompagnés pour l’occasion de 2 Français sympa rencontrés à l’auberge de jeunesse, Yann et Cécile. Une grosse journée nous attend puisque nous aurons plus de 430 km au compteur en fin de journée, principalement sur piste, mais le jeu en vaut la chandelle puisque nous pouvons aller à notre rythme et choisir les endroits que nous visitons.
La grosse nouveauté pour nous est la présence d’éléphants de mer, ces animaux au profil difforme et à la démarche disgracieuse. Contrairement aux pingouins monogames, les éléphants de mer mâles (enfin, les bons) ont généralement un harem d’une vingtaine de femelles à leur disposition, qu’ils défendent farouchement. Nous assistons médusés à un défi par un (pour le moment) loser qui tente d’approcher les femelles, mais le « dominant » se rend compte du manège et commence par le courser (à vitesse limace, les éléphants de mer sont tellement gros qu’ils ne peuvent guère se déplacer plus de 10 secondes consécutives sans devoir récupérer) en lui criant dessus. L’effronté hésite un court moment puis prend ses jambes à son cou… Une autre fois peut-être!

On retrouve également les lions de mer qu’on avait déjà eu l’occasion d’admirer aux Galapagos.

La fin de notre séjour sur la péninsule coïncide avec le début de celui de mes parents, mais ils ne le savent pas et ont la bonne surprise de pouvoir dîner avec nous avant d’aller, à leur tour, observer les baleines. On se donne rendez-vous 2 jours plus tard à Mendoza pour la route des vins, le temps pour eux de découvrir la région et pour nous… de passer 24h dans le bus!

La JUMP en Argentine!

Quelques précisions

Quelques précisions en forme de flash-back avant de rentrer dans le vif du sujet…

Après avoir bien galéré à chercher le fameux viaduc du « Train des nuages » sur des pistes plus accidentées les unes que les autres, prenant au passage une famille de 4 personnes en auto-stop (oui, ça fait bien 7 personnes dans la voiture mais il y avait des « mini-pouces » dans le lot. C’est Christine qui était contente d’avoir de la compagnie à l’arrière!), nous prenons la « mythique » route 40 entre San Antonio de los Cobres, « ville » assez sinistre que nous ne sommes pas mécontents de quitter, et Cachi. Nous roulons depuis un bon moment quand je trouve que la voiture réagit bizarrement : chaque fois que je passe la troisième, elle perd toute reprise ce qui m’oblige à rétrograder. Je crains un ennui au niveau du moteur, et au moment où j’en parle à Céline, Christine nous fait remarquer que ça sent le brûlé. Un bruit suspect venant de la roue nous fait croire qu’un caillou s’est coincé dans le pneu. J’arrête le moteur et suis éberlué quand je vois la tête de la roue arrière gauche : le pneu est complètement explosé, on roule quasiment sur la jante!

On est un peu au milieu de nulle part et tout va bien : Christine, comme moi, n’a jamais changé un pneu de sa vie et Céline l’a fait une fois mais a la mémoire un peu défaillante. Je commence à m’affairer (réussir à sortir la roue de secours aurait pu me prendre la demi-journée) quand miracle! une voiture arrive en sens inverse. Ils hallucinent quand ils voient l’état de notre roue et comprennent qu’ils ont affaire à des spécialistes en sport automobile, aussi bien au niveau de la conduite que de la mécanique. Bref, ni une ni deux, en trois coups de cuiller à peau la roue est changée. Ils nous conseillent de rebrousser chemin et de les accompagner à San Antonio car la route se dégrade encore après, on est loin du but, et on n’a plus de roue de secours… Ils nous escortent donc puis nous aident à gérer l’achat du nouveau pneu et le « redressage » de la jante, qui n’est plus vraiment ronde après son traitement de faveur! On les invite à déjeuner et ils nous expliquent qu’ils sont mineurs, ou plus exactement qu’ils prospectent pour trouver des gisements d’or dans la région. Sébastian, le plus jeune et plus causant des deux, nous demande quels sports nous pratiquons. Son visage s’illumine soudainement quand je lui parle de tennis de table : « Nan? Moi aussi! » et il file chercher sa raquette! Forcément, je sors mes balles JUMP et lui raconte leur folle histoire. Il nous dit qu’il a une table de ping-pong chez lui, dans la région de Cordoba qu’il serait heureux de nous faire visiter si on passe dans le coin, ce qui est justement prévu la semaine suivante, qui coïncide par un heureux hasard avec sa semaine de repos! Je me réjouis d’avoir l’opportunité de taper la balle, chose que je n’ai pas faite depuis Bogota et la venue de David, où l’altitude nous avait fait jouer des parties harassantes!

Fin de la parenthèse et retour au récit « classique »…

De Salta à Cordoba

Après notre petit tour dans le nord-ouest, direction Tucuman, ville moins touristique mais plus animée que Salta. A notre arrivée, les rues piétonnes grouillent de monde et les « filles » en profitent pour faire du shopping pour faire couleur locale. Le centre colonial, joli mais assez peu étendu, abrite un des lieux les plus importants de l’histoire argentine : la Casa de la Independencia où … l’indépendance de l‘Argentine, vous l’aviez deviné, fut signée en 1816.

On rejoint ensuite Cordoba, deuxième (ou troisième après Rosario, ça dépend des versions) ville d’Argentine réputée pour son centre colonial et pour les estancias jésuites qui égayent ses environs. Il est bien agréable de se balader dans son centre grâce aux nombreuses rues piétonnes, en particulier autour de la Manzana Jesuita. La ville compte de nombreux musées et de très bons restos, ce qui n’est pas non plus pour nous déplaire!

Nous louons à nouveau une voiture pour faire le tour des estancias du nord de Cordoba dans la journée: Jesus Maria, Villa Coroya et Santa Catalina. C’est bien agréable de visiter ces superbes édifices à notre rythme :

Le rendez-vous avec Sébastian se précise, mais il habite à quelques 200 km de Cordoba (la banlieue quoi, au regard de la taille du pays!), l’aller-retour dans la journée risque d’être fatigant et, il faut bien l’avouer, je suis le plus motivé des 3 pour faire le déplacement. On décide donc de faire escale à Mina Clavero, paradis de la rando et de la baignade… en été! On comprend en arrivant dans la ville que l’endroit est bondé en saison à la l’alignement impressionnant des hôtels, restos et campings le long de la route. En nous baladant tranquillement le long de la rivière, on découvre une enfilade hallucinante de BBQ sur des centaines de mètres, preuve s’il en est de l’importance de cet « art » en Argentine.

Le lendemain, nous aurons droit nous aussi à goûter le fameux « asado » (BBQ) argentin chez Sebastian, mon adversaire du jour.

Nous avons été accueillis comme des rois et, enfin, j’ai pu m’adonner à ce sport que j’aime plus qu’il ne m’aime en tapant la balle avec « Seba ». Et, miracle, les Jumpers peuvent être fiers de moi puisque j’ai été à la hauteur de cette rencontre internationale en battant notre hôte à plusieurs reprises! Cet exploit  est peut-être à mettre sur le compte de la politesse argentine?! En tout cas, on pourra dire que j’ai dû en faire des kilomètres pour trouver enfin un adversaire à ma hauteur!

Après le succulent BBQ où nous avons pu en particulier goûter à la mamelle qui n’a pas trop plu aux filles (allez savoir pourquoi, je me suis régalé!) nous avons été faire un petit tour dans le petit village de San Javier où nous nous sommes adonnés à une autre tradition argentine bien sympa : le partage du maté (sorte de thé à base d’une herbe amère dont les Argentins raffolent et boivent à toute heure. Ils se baladent presque tous avec leur thermos qu’ils font remplir au café, au resto, à l’hôtel… pour ne pas tomber en rade)

C’est enchantés (surtout moi!) que nous quittons Villa Dolores pour retourner à Cordoba avant de nous attaquer à un gros morceau de notre voyage : Buenos Aires!

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Quelques sushis sucrés, de l’argent sale et du Chili

La fin du tour du Sud Lipez nous amène à Uyuni, ville sans aucun intérêt que nous nous efforçons de quitter au plus vite pour remonter vers Sucre. Le premier bus est à 18h, ce qui nous laisse 4 bonnes heures à perdre, à batailler avec les connexions internet hyper lentes et à jouer au « Uno » en sirotant un chocolat. Après une bonne demie heure de voyage, je me prends soudain un grand coup en pleine tête, et, surpris, pousse un grand cri. Je viens de me faire agresser par une bouteille d’eau (pleine) qui après de longues hésitations, s’est fait la malle du range bagages. Il faut dire que la route est particulièrement mauvaise et sinueuse. Je saigne un peu à l’arcade mais heureusement pas besoin de faire machine arrière pour recoudre! Après un trajet éprouvant mais sans autre acte de violence, nous arrivons à Potosi vers 1h du matin. Tout le monde descend! On comprend qu’on s’est fait enfler et qu’il nous faut attendre jusqu’à 3h du mat’ un autre bus qui nous amènera à Sucre. Comme Potosi n’est pas le meilleur endroit pour passer la nuit dehors (c’est la ville la plus haute du monde!) on s’engouffre dans un taxi pour faire les 160 derniers kilomètres. On réalise au bout d’une heure que le chauffeur carbure à l’alcool fort, d’après lui ça le tient éveillé! Damien, à la place du mort, a pour mission de surveiller sa conduite et de prévenir l’éventuelle sortie de route. Mais tout se passe bien, notre chauffeur, même bien éméché – il finit sa pile plate en cours de route – connaît la route par cœur. On est en tout cas bien content d’arriver à Sucre entiers et de finir la nuit dans un lit.

Le lendemain, nous découvrons avec bonheur les charmes de Sucre : non seulement la ville est superbe, avec ses nombreux bâtiments coloniaux, mais en plus on n’a pas besoin de polaire ou de grosses chaussettes pour s’y aventurer! On est redescendu aux alentours de 2400m d’altitude et ça change tout!

L’unique journée d’Evelyne et Damien à Sucre (ils repartent le lendemain matin) est bien remplie : visite de la ville, tournée des boutiques d’artisanat, goûter dans la meilleure chocolaterie de la ville et pour finir, dîner au resto de l’Alliance Française où les bons p’tits plats sont avantageusement accompagnés par du vin bolivien, dont on découvre, surpris, les mérites!

Après le départ de nos compagnons de route, il nous reste deux bonnes semaines avant l’arrivée de Christine à Salta… Comme on se sent vraiment bien à Sucre, on décide d’y rester un peu pour profiter de sa douceur de vivre. On restera au final pas loin de 10 jours à se laisser aller dans cette belle ville, à grands coups de grasse mat’, de pots en terrasse, de flâneries et de super restos vraiment pas chers. On se paie même le luxe de manger des sushis, ce qu’on n’avait pas fait depuis le Guatemala!

Sucre est tellement agréable qu’on visite à peine les environs, nous contentant du marché dominical de Tarabuco. Nous sommes un peu déçus par l’artisanat qu’on y trouve et après un rapide tour, nous retrouvons nos vieilles habitudes et allons prendre un pot sur la place du village, d’où nous pouvons observer tout ce petit monde qui s’agite.

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On finit par rejoindre Potosi, célèbre pour ses mines d’argent aux conditions de travail abominables, encore aujourd’hui exploitées par des mineurs réunis en coopératives et qu’on peut visiter… Nous nous contenterons d’un documentaire sur la vie d’enfants mineurs (The Devil’s Miner) qui en dit déjà suffisamment long. Le centre-ville a gardé l’aspect du temps de la splendeur du Cerro Rico, dont ont été extraites au total plus de 45000 tonnes d’argent au détriment de la vie de centaines de milliers d’hommes…

Plus de photos de Potosi

Il faut bien nous décider à quitter la Bolivie puisqu’on veut explorer la région de San Pedro de Atacama avant l’arrivée de Christine.

Mais avant d’entrer au Chili, il nous faut finir le « colis péï » qu‘Evelyne et Damien nous ont apporté de la part des Benous (bande de potes de la Réunion). On se régale donc à Jujuy, lors de notre brève escale au nord de l’Argentine avec au menu daube de bœuf pour Céline et cassoulet pour moi, le tout arrosé d’un Marsannay SVP!

L’Atacama est un peu le complémentaire du Sud Lipez et on en reprend plein les yeux. Au menu : salar, superbes lagunes, geysers, sans oublier les vigognes et les cactus!

Après deux jours chiliens bien remplis., il est temps de filer à Salta pour retrouver Christine et découvrir ensemble le Nord-Ouest argentin!

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La Paz, Route de la Mort et Sajama

La Paz, plus haute capitale du monde avec ses 3660 m d’altitude sur sa partie la plus basse (qui est aussi la plus riche) ne nous fait « même pas peur » puisque nous y arrivons depuis le lac Titicaca, perché à 3800 m d’altitude. La ville est tout de même impressionnante, perchée au milieu des montagnes qu’elle grignote petit à petit…

Notre premier jour consiste surtout à déambuler tranquillement en faisant les premiers repérages dans la ville que nous prévoyons de visiter plus en détails le lendemain, avant l’arrivée d’Evelyne et Damien. Notre quartier est censé être celui des « backpackers » mais n’est pas asceptisé pour autant, le fait que notre rue soit fermée pour cause de marché aidant sûrement à s’imprégner de l’ambiance de la ville… La ville que nous découvrons n’est pas belle, toute l’architecture coloniale étant plus ou moins concentrée sur une place, mais elle est pleine de vie, et le site, entourée de montagnes, est saisissant. Malgré la semaine passée autour de 4000m, la balade est essoufflante car la ville, étonnamment, est loin d’être plate…

Peu après notre retour, nous avons la bonne surprise de voir débarquer Evelyne et Damien, que nous pensions ne voir arriver le lendemain à la même heure! Arrivés à Lima, ils ont enchaîné un vol intérieur péruvien pendant la nuit et une journée de bus pour nous retrouver au plus vite. Ils n’ont pas vraiment la tête des grands jours mais on est tous super contents de se retrouver en terre étrangère. Pour le coup, nous n’avons même pas eu le temps de préparer un accueil digne de ce nom!

Après quelques heures de voyage...

Après quelques heures de voyage…

Après une bonne nuit de sommeil, ils sont frais, dispos et motivés comme jamais pour découvrir avec nous la Bolivie dont ils ont déjà pu avoir un petit aperçu lors de leur voyage en bus. Après un petit tour de La Paz, il est temps de réfléchir sérieusement à ce qu’on va faire pendant nos quinze jours ensemble. Petit brainstorming sur la terrasse de l’hôtel pour penser à tout ça.

Une chose est sûre : la descente de la mythique « Route de la Mort » sera le point de départ du programme. Après de longues hésitations, nous choisissons de nous lancer dans l’aventure avec l’Agence « Luna Tours » (petite pub gratuite au passage mais quand on aime, on ne compte pas!), plus chère que certains de ses concurrents mais dont les vélos ont l’air vraiment top (et pour cause, l’agence a ouvert 15 jours plus tôt, tout le matos est neuf). En plus, mais ça on ne le sait pas au moment de signer, nous ne sommes que 5 dans le groupe : nous 4 et un basque espagnol qui, on l’apprendra plus tard, a déjà fait la descente avec l’agence cheap avec laquelle nous hésitions mais qui a été tellement déçu qu’il recommence avec, cette fois, l’assurance d’avoir un vélo correct…

Prêts pour la Route de la Mort!

Prêts pour la Route de la Mort!

La descente, longue d’une soixantaine de kilomètres (départ à 4750 m et dénivelé de plus de 3500m!) est divisée en deux parties : d’abord une partie asphaltée, ouverte à la circulation, puis la « vraie » route de la mort, simple piste aujourd’hui officiellement fermée à la circulation mais sur laquelle s’aventurent encore quelques puristes (une nouvelle route a été construite). La première partie est large et agréable mais il faut faire attention en doublant les camions (ben oui, on va plus vite qu’eux sans pédaler, c’est beau les lois de la pesanteur!)

Une longue montée (que seuls les garçons graviront, en petite partie à côté des vélos…) nous mène ensuite à la route de la mort proprement dite, véritablement impressionnante et pour le coup, uniquement en descente! Le guide nous montre au passage quelques carcasses de camions qui ont chu et on voit par nous-mêmes les croix qui parsèment le parcours… Certaines d’entre elles marquent la mort de cyclistes un peu trop téméraires et nous rappellent qu’il vaut mieux ne pas trop faire les malins, même si apparemment plusieurs personnes ont au contraire péri pour cause d’excès de prudence, perdant le contrôle de leur vélo, à bout de force après une descente à se crisper sur les freins… .

Grande classe, on déjeune même sur une tombe… .

Après tous ces efforts, on descend du vélo, direction un hôtel avec piscine dans la chaleur du village de Coroico. Malheureusement, on n’arrive un peu après les autres groupes et on n’a plus de chaise longue, le drame! (ou pas)

 

Plus de photos de La Paz et de la Route de la Mort

 

 

Notre petite séance de brainstorming nous a fait décider d’aller à l‘ouest, dans le parc de Sajama, avant de descendre plus au sud.

Sajama est un petit village à deux pas du Chili. L’expression « être au milieu de nulle part » prend ici tout son sens : on verra au cours de notre séjour bien plus de lamas et d’alpacas que de villageois ou de touristes…. Le village n’est pas remarquable par son architecture ou son histoire mais par son isolement donc, et par son site privilégié : il est en effet posé entre trois magnifiques volcans, dont le Sajama, point culminant de Bolivie.

Le village n’est pas complètement dénué de toute agitation : tous les jours, les gamins se retrouvent après l’école pour jouer au foot. Ni une ni deux, nous nous immisçons dans leur partie pour taper la balle avec eux.

Peu après, le repas du soir, chez Juan qui nous héberge dans son « hôtel » est l’occasion de rencontrer Noëlle et Mathieu, jeune couple belge avec qui nous sympathisons et ferons la balade du lendemain.

La promenade doit nous permettre de gagner les « geysers », qui ne sont pas vraiment explosifs, c’est le moins qu’on puisse dire, puis des bains thermaux. Le chemin nous fait croiser de nombreux lamas et alpacas, en troupeaux. J’apercevrai même une autruche « au galop », courant trop vite pour que je puisse l’immortaliser. Les paysages sont magnifiques et nous ne croisons personne pendant des heures, ce qui n’enlève rien….

La profusion de lamas donne des idées à Damien, dans un style qui n’est pas sans me rappeler « O Brother »:

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Le final dans les sources chaudes est un pur moment de bonheur…

Il est temps maintenant de prendre le chemin du Sud Lipez…

 

Plus de photos de Sajama

Les Extra Pouces

C’est tout excités que nous découvrons la belle ville de Cusco, un jour avant l’arrivée des « Extra Pouces », Charlotte, Sylvain, Adeline et Gaël.

Charlotte et Sylvain viennent de Paris (ils ont d’ailleurs le privilège d’ouvrir notre courrier tous les jours, les chanceux!) et Adeline et Gaël arrivent de New York (c’est chez eux que nous avons passé 10 jours au début de notre voyage si vous avez bien suivi). Ils se sont retrouvés à Lima et arrivent ensemble à l’aéroport de Cusco où l’agence Pouce Dos Tres les attend de pied ferme. En cadeau de bienvenue, un magnifique bonnet « Manu Chao Style » en guise de signe ostentatoire d’appartenance au mouvement de libération des pouces péruviens.

Nous passons notre première journée ensemble à visiter tranquillement Cusco et à papoter dans les bars et restos de la ville, retrouvailles obligent! Un peu de « parisianité » retrouvée pour nous deux en écumant les bars branchés de Cusco avec nos potes, le Pisco Sour permettant tout de même de réaliser qu’on est en terre étrangère. (le rendu de la monnaie nous ramènera également dans un « pays en voie de développement, puisque nous devrons attendre une bonne demie heure qu’on nous rende la monnaie sur un billet de 50 sols – l’équivalent de 12 euros – le temps que le serveur fasse le tour de la ville pour casser ce trop gros billet….) Pas trop d’excès quand même car l’Inca Jungle Trek nous attend dès le lendemain : 1 jour de VTT et 2 jours de marche pour attendre Agua Calientes, la ville au pied du Machu Picchu… Le temps quand même d’aller manger dans un des endroits les plus « hype » de la ville, où les tables sont remplacées par des baignoires avec de vrais poissons dedans!

Le jour suivant, c’est à plus de 4000m d’altitude que nous avons rendez-vous pour plus de 90 km de descente en VTT! La première partie, sur l’asphalte, est relativement tranquille. La température augmente rapidement et la végétation se densifie au cours de la descente. A mi-chemin à peu près, nous passons sur la partie de la route non goudronnée. On en prend plein les bras à cause des vibrations, et plus de 40 km à tressauter, ça fait un peu long… Sans doute sous le coup de la fatigue, Adeline fait un écart, sa roue avant se bloque sur le bas-côté et vlan! c’est le soleil! Le choc et l’émotion lui font un instant perdre connaissance mais heureusement plus de peur que de mal au final… Céline, fatiguée d‘avoir la tremblote, finit par rejoindre Adeline pour pouvoir admirer les paysages plus sereinement… (et sans doute surtout pour pouvoir papoter tranquilles entre filles!) Nous finissons donc la descente à 4 et sommes bien contents d’arriver à Santa Marta et d’y laisser les vélos!

Les deux jours suivants doivent nous mener à pied à Hidroelectrica où nous attraperons le train pour Agua Calientes.

La première journée de marche nous fait passer par la maison de Georges, singe friand de bonbons qui devient vite copain avec Gaël, sans que ce dernier n’ait à lui démontrer son agilité légendaire d’équilibriste. (il se rattrapera par la suite!)

Le chemin nous fait longer un canyon étroit assez impressionnant et emprunter plusieurs ponts suspendus. Nous survolons également une rivière à bord d’une traviata rudimentaire, par équipe de deux.

La première journée de marche s’achève dans des sources chaudes bien agréables… Nous avons deux heures à y tuer, suffisantes pour que Sylvain décide de mettre un peu d’animation en ratant un plongeon et en s’ouvrant le front au fond d’un des bassins… Heureusement le choc est un peu au-dessus de l’arcade, ça saigne bien quand même mais on ne passera pas par la case hôpital. 2 jours de trek, 2 blessés, tout le monde se demande : « à qui le tour? »!

La deuxième journée de marche ne tient pas toutes ses promesses puisque cette fois personne ne fait des siennes. On a quand même la chance de pique-niquer avec vue sur le côté ouest du Machu Picchu, ce qui est loin d’être désagréable!

On redescend ensuite vers Hidroelectrica, avec séance trempage de pieds dans l’eau glacée au passage, pour attraper le train pour Agua Calientes.

Le repas du soir est spécial à plusieurs titres : Gaël, qui en rêve depuis plusieurs jours, nous offre un cuy (cochon d’inde, à prononcer «couille») grillé… Adeline, dans l’euphorie collective (la partie sportive du trek est dernière nous, il ne nous reste plus qu’à visiter le Machu Picchu le lendemain aux aurores), se permet pour la première fois de se vie quelques gorgées de bière alors qu’elle est allergique au gluten!

Lever avant l’aube le lendemain pour faire partie des premiers sur le site du Machu Picchu. C’est superbe et ça vaut vraiment le coup de se lever tôt pour éviter la foule. (c’est très vite archi rempli) Nous avons droit à une visite guidée fort intéressante puisque notre guide prend beaucoup de recul par rapport aux théories communément admises et se contente d’émettre des hypothèses, s’en tenant aux faits, ce qui plaît beaucoup aux rationalistes de la bande.

Après la visite, direction Ollantaytambo en train. Bonne surprise puisque nous voyageons en première classe, sans doute suite à une pénurie de places en « backpacker ». Le trajet est assez surréaliste puisque nous avons droit, en plus des paysages splendides, à véritable un défilé de mode dans le train! Le but est de bien évidemment de vendre les vêtements en lama produits localement, mais on nous sort l’artillerie lourde puisque le « steward » défile un moment à moitié nu…

Brève escale dans le village inca d’Ollantaytambo (dans lequel nous avions déjà petit-déjeuné le premier jour de notre trek) avant de reprendre la route pour Cusco, dans un minivan où la fatigue du lever très matinal commence à se faire ressentir.

A peine arrivés à Cusco, il faut repartir en bus de nuit pour Arequipa. Nous ne regrettons pas l’enchaînement fatigant car la ville est superbe, avec une mention spéciale pour le couvent Santa Catalina.

Les alentours ne sont pas mal non plus, mais nous n’avons pas tous la motivation d’Adeline et Gaël pour aller faire un petit tour à plus de 5500 m d’altitude : Charlotte, Sylvain et nous deux nous contentons d’une petite balade tranquille à pied et à vélo pour découvrir les environs.

Un des moments forts de notre séjour à Arequipa restera sans doute le repas dans un resto hyper classe tenu par un grand chef péruvien parti se former en France et qui revisite à sa sauce les classiques de la cuisine péruvienne. Un vrai festin à prix péruvien, du pur bonheur!

Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et les Extra Pouces doivent quitter le Pérou et reprendre une activité normale… Ils nous laissent donc à Arequipa pour regagner leurs pénates, et après une grosse semaine bien remplie et hyper planifiée, nous voilà avec une dizaine de jours à tuer avant l’arrivée d’Evelyne et Damien à La Paz, en Bolivie. Qu’allons-nous donc bien pouvoir en faire?

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