Adiós Argentina

Nous retrouvons Buenos Aires près de trois mois après l’avoir quittée et sommes tout de suite frappés par la chaleur et la moiteur que nous ne lui connaissions pas et qui contrastent légèrement avec le climat d’Ushuaïa! Nous n’avons pas loué d’appart’ pour ce court séjour et la chambre de notre hostel est loin d’avoir le charme de l’estancia que nous avons laissée quelques heures plus tôt, mais bon, c’est le problème quand on fait des « extra », il faut ensuite redescendre sur terre!

Nous servons de guide à Julie pour sa dernière journée en Argentine. Un petit tour au cimetière de la Recoleta, quelques boutiques et un pot dans un vieux café à San Telmo, une petite balade jusqu’à La Boca et enfin une petite soirée tranquille à Palermo, où nous nous sentons obligés de trinquer une dernière fois tous les trois, à la Caïpirinha! (c’est bien sûr pour nous préparer au choc culturel quand nous arriverons au Brésil, ce qui ne devrait plus tarder)

Quelques photos de plus de Buenos Aires



C’est maintenant l’heure de dire au revoir à Julie qui va passer le réveillon du nouvel an dans l’avion, tandis que nous avons prévu d’être à Rosario… c’est sans compter sur les vacances d’été qui commencent : tous les bus sont pris d’assaut, nous fêterons donc la nouvelle année à Buenos Aires. Nous n’avons pas vraiment la tête à chercher la soirée de l’année et sommes donc contents, le soir venu, de trouver un resto ouvert, qui accepte les gens sans réservation et qui n’a pas quadruplé ses prix pour l’occasion. Et tant pis s’il ressemble beaucoup à un grand bar PMU et qu’il est pris d’assaut par une cinquantaine d’équipiers du Dakar, de toutes les nationalités, excités comme des puces car le départ des « 500 connards » est pour le lendemain.

C’est une Rosario toute endormie que nous découvrons finalement, gueule de bois et jour férié obligent… Ville de naissance de Che Guevara, du footballeur  Lionel Messi mais aussi du drapeau argentin, comme le rappelle en toute discrétion le monument en son honneur, Rosario dispute à Cordoba le titre de deuxième ville argentine. Nous flânons dans ses rue désertes et comprenons en arrivant à la Costanera, promenade aménagée très agréable le long du fleuve, que toute la ville s’est donnée rendez-vous ici.

Le lendemain, la ville reprend une activité normale, nous arpentons donc les rues piétonnes et nous dévalisons les boutiques (surtout moi en fait contre toute attente, peut-être parce que je suis moins difficile!) pour nous faire un look « été » plus sympa après dix mois de voyage à user toujours les mêmes fringues.  Après cette activité épuisante, nous montons dans le bus pour rejoindre Posadas et nous rapprocher un peu plus du Brésil. Pour ce dernier bus de nuit argentin, c’est jackpot puisque au dîner nous avons droit à un whisky en apéro, du vin rouge pour accompagner le plat et… du champagne en fin de repas!

Diaporama de Rosario



Posadas doit son essor touristique à sa proximité avec les ruines des missions jésuites argentines, mais aussi paraguayennes. Entre le début du XVIIème et le milieu du XVIIIème siècle, certains jésuites installèrent dans la région une trentaine de missions dont le but était d’accueillir des Indiens Guarani pour les éduquer, les protéger de l’esclavage et bien sûr pour les évangéliser et les « civiliser » un peu en leur faisant oublier certains aspects de leur culture condamnés par la morale catholique comme la polygamie ou le cannibalisme. Mais ils ne les forcèrent apparemment jamais à apprendre l’espagnol.

Arrivés de bon matin à Posadas, nous ne chômons pas et après avoir dégotté un hôtel, nous prenons la direction de Santa Ana. Il ne reste plus grand-chose à voir, les explications sont sommaires et la star de l’endroit est en réalité le cimetière, abandonné, d’où on s’attend à voir surgir des morts-vivants à chaque instant.

On continue la visite par San Ignacio Mini, autrement conservée et entretenue. On a même droit à des bornes audio en français ce qui rend la visite agréable, même si on essaie désespérément de trouver des coins d’ombre pour écouter les explications…

Nous consacrons le jour suivant aux missions paraguayennes. Trois bus et un franchissement de frontière plus tard (plus de trois heures au total) nous ne sommes pas mécontents de découvrir Trinidad et ses ruines. C’est la plus jolie des missions que nous verrons et la mieux conservée. Contrairement à ce que nous avons vu côté argentin, certains éléments décoratifs ont ici traversé les siècles.

Nous filons ensuite à la mission de Jesus de Taravangüe, plus petite mais qui ne manque pas de charme non plus.

Toutes les photos des missions



Le retour sera éprouvant car les bus pour passer la frontière sont archibondés, ne s’arrêtent pas pour nous laisser remonter après les formalités de douane car ils sont plus que pleins, sont bloqués dans des embouteillages monstrueux entre les deux postes frontières et la queue pour rentrer en Argentine est interminable… Résultat, on finit en taxi car on doit repartir le soir même pour Iguazu et ses fameuses chutes. Le timing est au final parfait et nous sautons dans un bus qui nous dépose peu après minuit, bien fatigués, à Puerto Iguazu, à quelques kilomètres seulement du Brésil (la frontière passant au beau milieu des chutes).

Les chutes d’Iguazu sont parmi les plus spectaculaires au monde : de part et d’autre du Rio Iguazu, des alignements sans fin de cascades (pas moins de 275 au total pour une largeur totale de 2,5  kilomètres) déversent leur flot à des hauteurs pouvant atteindre 90 mètres.

Nous décidons de commencer par le côté brésilien qui offre les plus belles vues d’ensemble. C’est sublime mais le sentier qui longe les chutes laisse un petit goût de pas assez : il mesure moins de deux kilomètres au cours desquels il faut jouer des coudes au milieu des hordes de touristes…

Le côté argentin, au contraire, nous occupe toute une journée : plusieurs sentiers permettent d’observer les chutes de plus ou moins haut. .Tout est mieux aménagé et les points de vue sont plus impressionnants car on est plus près des chutes, juste au-dessus ou juste au pied des cascades. La chaleur nous donne même envie d’aller faire un tour, en zodiac, sous les cascades. Tout le monde est hilare et ressort, étonnamment, complètement trempé!

Des deux côtés, les koatis (avec qui nous avions fait connaissance au Costa Rica) abondent et n’ont pas vraiment peur des touristes… L’endroit abrite également de nombreux papillons qui sont particulièrement friands du goût inimitable de mon sac à dos.

Plus de photos d´Iguazu



Nous sommes un peu nostalgiques de quitter l’Argentine. Trois mois dans un pays, ça crée des liens! Une nouvelle page du voyage se tourne et nous allons maintenant attaquer notre dernier pays, le Brésil! SAMBA!

Noël au bout du monde

24 décembre 2009… Un peu plus de midi, nous débarquons en Terre de Feu!!

Et vers 21h, ankylosés après une nouvelle longue journée en bus, nous arrivons à l’hostel Freestyle dans lequel règne une agitation pré-Noël toute particulière… On pose vite les sacs et on rejoint la troupe pour une soirée bien déjantée! Il faut dire que l’hostel est tenu par deux frères dont le seul objectif a l’air d’être de faire la fête le plus longtemps possible. Bonne ambiance et gros succès de la soirée: barbecue dans le plus pur style argentin, à volonté bien sûr; bières, vin et même champagne; ambiance sur le dance-floor! Sur les coups de minuit, 5 Père-Noël débarquent la hotte pleine de confettis et Ronan et Julie en profitent pour s’incruster histoire de poser avec eux.

On rencontre là surtout des voyageurs au long cours loin de chez eux et parmi eux… Gaëlle, une Grenobloise vivant à Mare-à-Vieille-Place (petit bled situé dans le cirque de Salazie à la Réunion) où elle est directrice de l’école!! Ca ne s’invente pas!

 

 

Finalement on aura passé un Noël hors-norme au bout du monde, ça a du bon l’imprévu!

C’est tellement la bonne ambiance chez Freestyle que deux jours plus tard, sur une grande idée de Gaëlle, nous préparons un rougail saucisses et un cari poisson pour quinze…

Certes, nous nous sommes bien marrés à Ushuaia mais n’allez pas croire que nous n’avons fait que glander en Terre de Feu… Nous commençons notre visite par le traditionnel tour en bateau sur le Canal de Beagle, ce bras de mer séparant la grande île de Terre de Feu (partagée entre l’Argentine et le Chili et où se trouve Ushuaia) et l’Isla Navarino, chilienne et encore plus au sud. Pour la petite histoire, les Chiliens revendiquent du coup pour Puerto Williams le titre de « ville la plus australe du monde », mais officiellement, ils n’ont pas réussi à ravir ce titre aux Argentins puisque Puerto Williams n’est reconnu qu’en tant que port… On n’a pas été voir par nous-mêmes, les prix ayant tendance à s’envoler depuis que nous sommes en Terre de Feu.

On a l’occasion pour la dernière fois d’observer de bien près une nouvelle colonie de lions de mer et de contourner le phare des Eclaireurs. Jolis paysages, surtout à cette heure-ci de la journée au coucher du soleil!

 

 

La ville en elle-même est plutôt sympathique et nous la trouvons fort animée. Il faut dire que l’endroit est incroyablement touristique, entre les énormes paquebots de luxe qui déversent leur flot de passagers pour la journée; les aventuriers prêts à embarquer pour l’Antarctique (un jour, lorsqu’on sera riche, peut-être) et les Argentins en vacances. Nous faisons une visite trop rapide à l’ancien bagne d’Ushuaia devenu musée… Décidément, on court toujours après le temps!

 

 

 
Le lendemain, nous empruntons le téléphérique qui nous emmène au glacier Martial, d’où la vue sur la baie d’Ushuaia est grandiose. Nous ne sommes pas vraiment équipés pour marcher dans la neige et n’allons pas jusqu’au sommet mais le panorama inspire une nouvelle fois Julie, bien décidée à prendre toutes les poses possibles sur les photos.

 

 

Le Parque National de Tierra de Fuego ne manque pas d’attrait non plus et nous donne l’occasion de nous y promener une journée. Les « plages » sur le Canal de Beagle sont plutôt jolies, avec de belles couleurs pour l’eau, mais on ne se risque pas à y tremper le moindre orteil! On cherche désespérément les castors dont on peut remarquer les dégâts dévastateurs… Que nenni, on n’en verra pas l’ombre, au grand désespoir de Ronan qui fait une véritable fixette sur ces petites bêtes. Lassé par les animaux plus exotiques peut-être?

 

 

On s’offre ensuite un vrai luxe, un séjour dans une estancia isolée, à quelques 100 km au nord d’Ushuaia. C’est que depuis 3 mois que nous sommes en Argentine, on n’a pas encore trouvé le moyen de faire une balade à cheval, il serait peut-être tant… Alors on signe pour deux jours dans une ferme-auberge qui a du caractère et un charme rustique: à nous les heures de lecture collés au poêle, le goûter incroyablement copieux qu’on nous sert, la balade à cheval et la glandouille!

Le cadre est vraiment unique et la (brève) averse de grêlons que nous prenons à cheval aura eu le mérite de nous faire trotter… Les fesses s’en souviennent!

 

Plus de photos d’Ushuaïa

Des glaciers à la Bretagne

Après nos adieux (ce n’est peut-être qu’un au revoir, allez savoir!) au Chili, nous sommes de retour à El Calafate pour récupérer un nouveau paquet, Julie, le sœur de Céline. Nous allons enfin pouvoir découvrir les merveilles du coin, parce que mine de rien, ça fait bien 15 jours qu’on a mis pour la première fois les pieds ici et qu’on attend Julie pour aller découvrir le fameux glacier argentin, le Perito Moreno. Elle arrive enfin, fraîche et dispo malgré ses quelques heures de vol (elle habite à Brisbane, en Australie, et n’a rien trouve de mieux à faire que de passer par Paris pour rejoindre l’Argentine, histoire de gagner deux fois plus de miles!).

Pour compenser l’attente, on a décidé de faire une « totale » glaciers.

Nous commençons, au volant de notre bolide qui me donne forcément des frissons (une Fiat Uno certes bien plus jeune que feu la mienne, mais avec tellement moins d’options, si, c’est possible!) par rejoindre Puerto Bandera pour une croisière de 6 heures sur le Lago Argentino.
A bord d’un catamaran sur lequel nous ne sommes pas vraiment tout seuls, nous apprécions à leur juste mesure la beauté des paysages et des glaciers que nous admirons de près :

Du coup on se sent obligé de prendre la pose :

Après cette croisière fort agréable, nous rejoignons les plateformes d’observation au pied du Perito Moreno, c’est vraiment impressionnant de surplomber cette masse glacière. Nous ne regrettons pas de faire le déplacement en fin de journée, la lumière est splendide, ce qui ne sera pas vraiment le cas le lendemain matin…

Nous décidons ensuite d’aller planter la tente dans une estancia (ferme argentine) qu’on a repérée aux environs du glacier. Nous sommes complètement seuls au milieu de nulle part, avec comme compagnons pour passer la nuit quelques animaux du cru : moutons, oies et… un guanaco bien curieux. A peine éteignons-nous le moteur que le guanaco se rapproche dangereusement de notre Fiat, sans doute attiré par les odeurs de nourriture émanant du coffre. Les filles, apeurées, se précipitent à l’intérieur tandis que le « dresseur de Guanaco » qu’est Pierre l’attrape par le collier et l’éloigne sans que la bête ne bronche…

Le guanaco tentera par la suite de rentrer dans une des tentes, nous devrons donc faire appel à notre hôte, José,  pour qu’il enferme notre ami de la soirée loin de notre campement. Remis de nos émotions, nous pourrons aller déguster le cœur léger  le repas bien argentin (viande et vin) qu’on nous a préparé avec en prime une super vue sur les paysages patagons au coucher du soleil…

Le lendemain, nous avons à nouveau rendez-vous avec la glace, mais cette fois-ci il s’agit de « randonner », équipés de crampons pour l’occasion, sur le Perito Moreno. Après une rapide formation à la marche sur glace, nous découvrons le glacier de l’intérieur, et ma foi, ce n’est pas mal non plus!

Retour à El Calafate pour notre dernier dîner à quatre avant que Pierre ne rentre, déjà, à Paris… Je suis donc maintenant tout seul avec les deux sœurs pour encore 15 jours, trop dur pour moi!!!

On commence notre ménage à trois par une petite balade devant mener à un joli point de vue sur le Lago Roca. Le temps n’est pas vraiment avec nous lors de l’ascension et les filles laissent tomber à mi-chemin, il faut dire que Julie a depuis la veille un problème de patte folle et que Céline est atteinte de flemme aiguë… Ajoutez à cela un temps pas vraiment clément et hop je me retrouve à monter tout seul. Arrivé en haut, j’imagine effectivement que par beau temps ça doit être superbe, mais le ciel est bien gris, il pleut et le vent hallucinant qui souffle au sommet m’empêche de me poser tranquillement pour savourer le moment.

Bien sûr, comme pour les Torres del Paine, il a suffi que je redescende la moitié du chemin pour que le soleil revienne et que la vue se dégage… M’enfin! Pendant ce temps-là, les deux flemmardes lézardent au soleil.

Après moult hésitations sur la suite du programme, nous décidons de mettre cap au nord-ouest pour gagner la Patagonie Atlantique avant de redescendre sur  Ushuaia pour Noël.

Première étape à Puerto San Julian, premier endroit argentin jamais foulé par des Européens. En 1520, Magellan et ses hommes font en effet escale ici. Ils font connaissance avec les Tehuelches, très grands et pourvus de pieds immenses et les auraient baptisé « Patagons » en référence à leurs « pattes ».

En souvenir de cet événement, une réplique de la caravelle de Magellan a été construite sur la plage. La visite est assez expéditive mais nous permet de nous amuser comme des p’tits fous, hein Julie? ;o)

Mais la vraie star ici, c’est la côte atlantique. Un sentier côtier a été plus ou moins aménagé et permet d’admirer sur une vingtaine de kilomètres les belles falaises qui ne sont pas sans rappeler la Bretagne…

Nous reprenons la route du Sud  pour rejoindre le Parc Monte Leon, accessible depuis Piedra Buena. Ce parc, gratuit (chose rare en Argentine!), permet de rendre visite à une colonie de manchots, d’observer des lions de mer et d’admirer une île aux oiseaux. Le tout nous rappelle beaucoup la Péninsule Valdès , les baleines en moins.

Avant de passer la journée dans le bus pour gagner Ushuaïa, nous faisons halte à Rio Gallegos, la grosse ville du coin d’où viennent les Kirchner, à la tête du pays depuis 2003. Nous décidons de fêter Noël avec un jour d’avance en nous offrant un dîner dans le meilleur restaurant de la région où le couple présidentiel a, paraît-il, ses habitudes. Les couleurs hallucinantes du coucher de soleil égaient encore davantage notre apéro.

Plus de photos d’El Calafate…

Et de la Patagonie atlantique

 

Patagonie des randos

Débarqués du Navimag au Chili, nous prenons vite la route d’El Calafate en Argentine car le vent et le froid chiliens ne nous inspirent guère pour attendre l’arrivée de Pierre. Un énième passage de frontière plus tard, nous voici rendus dans la Mecque touristique du Sud argentin, avec ses flopées de touristes, ses magasins de souvenirs et… ses prix patagons! Un signe qui ne trompe pas, il y a la queue en fin d’après-midi aux distributeurs car ici, on dépense ses sous pour faire le plein d’excursions au grand air. Nous nous réservons ces visites pour plus tard, en quatuor avec Julie.

C’est un ami tout fourbu et à peine sorti du boulot que nous récupérons, motivé comme toujours par la nature et les programmes sportifs. Ca tombe bien car nous partons sans plus attendre pour El Chalten dont la renommée en matière d’alpinisme dépasse les frontières argentines. Durant quatre jours, nous aurons une chance extraordinaire avec le temps et un ciel magnifiques qui nous permettent de découvrir les sommets alentours. Dès notre arrivée en bus dans cette « ville » – la dernière née des villes argentines, fondée dans les années 1980 pour assoir la légitimité sur ces terres par rapport au rival chilien, et qui a la particularité d‘avoir prévu un cimetière resté vide jusqu‘à ce jour – le premier point de vue sur le Monte Fitz Roy et le Cerro Torre nous met en appétit pour les randos.

Nous passerons quelques jours bien agréables dans le coin, à randonner à la journée dans le parc Los Glaciares. Rien à redire, sentiers bien tracés et fréquentés, beaux paysages, super météo… De quoi bien occuper nos journées, avant d’aller le soir, au choix, se boire une petite bière à la micro brasserie locale, se manger une soupe de potiron, déguster une glace au calafate (baie locale proche de la myrtille), manger un bife de lomo sauce malbec… Après l’effort, le réconfort comme on dit!

Après cette petite mise en jambe, nous passons une journée de bus pour retourner à… Puerto Natales, cela faisait longtemps! Cette ville est donc le port de débarquement du Navimag, mais aussi et surtout le point de départ pour le Parque Torres del Paine, un bijou de nature chilien. On trouve ici tout ce dont un randonneur peut avoir besoin, de la tente au réchaud en passant par les chaussures de marche et les guides et cartes du parc. Nous emmenons Pierre à un briefing réalisé par un hôtel de routard: que prendre, où s’arrêter dormir, comment faire son sac etc. Le tout mené tambour battant par Barney, un Américain qui connait son sujet et a le don d’en rajouter sur le côté extrême de la chose. Comme prévu, Pierre est Barneyaddict et suivra à la lettre toutes les consignes!

C’est que nous avons prévu de marcher cinq jours en totale autonomie, ce qui veut dire porter la tente, la popote et tutti quanti. Dans ces conditions, pas étonnant que nous ayons porté les mêmes vêtements pendant 5 jours… Comme quoi, on se rapproche du style cracra d’amis bien connus qui se reconnaîtront!
Deux heures de course, 3 empaquetages-vidages de sacs plus tard et après un bon repas pour se donner des forces, nous voilà partis!

Que dire de ces cinq jours de marche? Nous avons eu là encore bien de la chance avec les conditions météo; on nous avait promis un vent à nous faire tomber par terre, de la pluie, grêle, des pieds trempés en permanence etc. Nous avons connu un grand vent le premier jour mais un bref moment seulement, avons à peine eu quelques gouttes de pluie et toujours campé au sec et sans grand froid. Notre parfait petit homme Quechua a pu tout de même arborer un instant le masque de ski, sait-on jamais!
On a manqué de chance le dernier jour, levés à 4 heures du matin pour grimper au mirador des Torres del Paine : nous les avons vues enrubannées de nuages sous un peu de pluie à l’aube. Un peu rageur lorsqu’un soleil radieux brille à midi,alors que nous sommes sur le chemin du retour, déjà loin de là, mais bon! Pas étonnant que pour nous, à la différence de beaucoup, les « tours » ne restent pas le point d’orgue du trek.

Pour nous, les paysages les plus marquants du parc restent ceux du Glaciar Grey, notre premier glacier. Il y a bien eu le Pie XI, vu du Navimag mais sous un tel mauvais temps que notre surprise est totale lorsque nous approchons de l’immensité bleutée. Une fois au camping, nous profitons d’une belle lumière pour prendre le temps de voir le glacier craquer et s’éclairer au gré des rayons.

Les paysages des rives du Lago Nordenskjöld nous ont également envoûtés et ne sont pas sans me rappeler l’Ecosse. Les eaux du lac passent du turquoise au vert-gris au fil des nuages.

Nous sommes tout de même bien contents de poser les sacs en rentrant à Puerto Natales et de prendre une douche salvatrice. Ceci dit, Pierre a été bien courageux puisque par deux fois, il fait trempette dans les lacs (enfin jusqu’à mi-mollet, n’exagérons rien) pour se faire une beauté.

Pour notre dernière soirée au Chili (celle de Pierre, mais aussi la nôtre, gloups) nous nous offrons un bon restaurant (ça change!). Pierre découvre les joies du pisco sour; nous regretterons du Chili ses p’tits dej’ chiliens à la mode allemande!

PS: Puisque c’est le moment, on en profite pour vous souhaiter une très belle année 2010!!

Photos des randonnées autour d’El Chalten

et du trek dans Torres del Paine

Du Chili à l’Argentine en passant par les lacs

Après les excès des dernières semaines, nous comptons nous mettre au vert et partons vers le Sud, en quête de nature, randonnées et d’un peu de calme. Nous arrivons à Talca dans la région de Maule où nous passons quelques jours. Histoire que le changement ne soit pas trop radical non plus, nous visitons une ultime bodega, une jolie propriété au charme colonial. Pour autant, les vins sont loin d’égaler ceux de la vallée de Colchagua, mais bon!

Nous poursuivons la visite du coin en empruntant un vieux train pour effectuer le trajet pittoresque vers Constitucion, une petite ville en bord de mer, que nous découvrons endormie… Le charme de voyager hors saison! On trouve tout de même un petit resto pour nous concocter des empanadas fameuses aux crevettes. Un autre jour, on flâne dans les villages alentours dotés de quelques vestiges coloniaux, une jolie place, de vieilles maisons colorées…

Nous partons ensuite dérouiller un peu nos jambes, avec une randonnée d’un jour ayant pour but un vieux plateau de lave situé au cœur d’un parc. Les paysages sont superbes sous le printemps: les sommets andins sont enneigés, les rivières sont hautes… mais nous trouverons un plateau de neige balayé par le vent, en lieu et place de la lave. La vue nous récompense de nos efforts.

Avant de partir pour la région des lacs, on fait un dernier arrêt à Valdivia, sur la côte. Ronan a en effet repéré que c’est ici que se trouve la brasserie Kunstmann, qui produit les meilleures bières d’Amérique du Sud d’après les guides, et ma foi, on est assez d’accord. Les lions de mer du marché au poisson (super saumon fumé pour une bouchée de pain!) sont l’autre curiosité du coin.

On traverse le pays d’ouest en est (150 km à peine) et on se retrouve à Pucon dans les Andes patagonnes. La bourgade a un emplacement idéal: au pied du volcan enneigé Villarica dans la région des lacs, c’est le paradis des sports de nature: randonnée bien sûr mais aussi kayak, canyoning… Malheureusement et malgré notre patience, on a juste réussi à entrapercevoir les charmes de la région, la pluie ayant décidé de jouer les trouble-fêtes… Tant pis pour l’ascension du volcan dans la neige et la descente en luge. On s’est consolé avec une petite rando sans pluie malgré le ciel chargé et par les thermes qui restent agréables et bien plus chauds que l’eau de pluie!

Un peu lassés par le temps, on traverse une nouvelle fois la frontière puisque les Andes sont censées arrêter les nuages venant du Pacifique. Il pleuvrait donc au Chili et ferait beau en Argentine? Allons voir, d’autant que la région des lacs argentine n’est pas avare de beautés. Pourtant, c’est un déluge qui nous accueille à San Martin de los Andes, et les rues de la ville me rappellent Saint-Paul en temps de pluie: on est obligé de sauter pour éviter les « flaques » ou plutôt le flot d’eau que les voitures nous envoient. Mais avec les sacs sur le dos, on est loin d’approcher les records de saut en longueur et on arrive trempé à l’hostel.
Avec encore de la patience, le beau temps finit par revenir. On en profite pour faire une journée de marche autour du lac Lacar, particulièrement agréable au printemps. Puis, on fait une excursion organisée pour approcher la star du coin, le volcan Lanin, lui aussi enneigé et faire une croisière sur un lac d’origine glaciaire (comme tous ceux du coin) admirer les paysages de forêt patagonne.

A cause du temps, nous devons faire une croix sur la route des sept lacs qu’on avait imaginé un temps parcourir à vélo. Tant pis, nous nous rendons directement à Bariloche, la ville phare de cette région magnifique qu’on aurait aimé pouvoir découvrir avec plus de soleil. Bariloche, c’est un peu le Saint-Tropez argentin version montagne. L’hiver, c’est la capitale de la jet-set venue skier et toutes les stars possèdent des propriétés dans le coin. Mais c’est aussi la capitale du chocolat argentin et une ville de plus où les glaciers abondent, on a été obligé de goûter…

La chance est avec nous lorsque nous montons au Cerro Campanero, en télésiège, admirer le panorama. Jugez-plutôt, pas mal non?

Il parait que l’endroit fait partie des 10 plus belles vues au monde d’après le National Geographic. Motivé par cette éclaircie providentielle, on poursuit la journée à pied et finalement sous la pluie. On se réfugie sous le porche d’une église pique-niquer et on se fait refouler du plus bel hôtel d’Argentine où on comptait prendre un pot. Peut-être à cause de nos imper trempés et de nos cheveux dégoulinants, qui sait…

Alors ce soir-là on étudie nos plans pour aller dans le Grand Sud, un peu lassés du temps. Les moyens de transport se font rares pour traverser des contrées inhospitalières et vides et on se creuse les méninges pour optimiser les temps de transport en bus. Mais c’est là que nous nouons connaissance avec Paula, une Belgo-Argentine charmante, qui nous parle de son embarquement prochain à bord du Navimag, bateau chilien bien connu des voyageurs désirant se rendre au sud. Il n’en faut pas plus pour nous faire changer d’itinéraire et repartir à nouveau vers le Chili!

Plus de photos du littoral et des lacs chiliens

Et plus de photos de la région des lacs côté Argentine