Le toit du Costa Rica est le mont Chirripo, qui culmine à un peu plus de 3800m. Ce n’est pas (encore) digne de la cordillère des Andes, mais c’est déjà ça! Nous avons décidé d’en tenter l’ascension, qui se fait en deux jours. Grasse mat’ le premier jour puisque nous décollons de notre pension à 5h30 afin de commencer notre grimpette. Nous sommes accompagnés d’une jeune Belge de 18 ans, Elisabeth, rencontrée la veille à la descente du bus. Il fait bon mais les sacs sont lourds, c’est la première fois que nous portons les gros sacs à dos en randonnée car nous avons besoin des duvets, d’affaires chaudes et de nourriture midi et soir… C’est vraiment agréable de pouvoir gambader tout seuls dans la nature comme nous pouvons le faire depuis notre arrivée au Costa Rica (auparavant nous devions toujours être accompagnés d’un guide), et les paysages de montagne ne sont pas pour nous déplaire.
Des panneaux tous les kilomètres nous permettent de nous savoir la distance qu’il reste à parcourir. Je suis un peu découragé quand je constate qu’on a mis près d’une demie heure pour faire le premier kilomètre! La moyenne sera au final à peine meilleure sur la quinzaine de kilomètres que nous parcourrons pour atteindre le gîte, perché à 3400 m. Nous arrivons les premiers au gîte, environ 1 minute avant qu’il ne se mette à pleuvoir, tout contents d’être arrivés et bien fatigués après les presque 2000 m de dénivelé gravis dans la journée. Le réveil le lendemain nous sort des bras de Morphée à 2h30 (record battu!) et nous décollons à 3h10 pour atteindre le sommet au lever du soleil. Le jeu en vaut la chandelle, nous restons deux heures à contempler la vue.
C’est bien beau de monter, mais ensuite il faut redescendre… surtout que le seul bus de la journée est à 16h et qu’il nous faut l’attraper si on veut une bonne douche bien chaude! La descente est longue à n’en plus finir, et la pluie vient s’en mêler. Nous partageons un bout de repas avec un jeune Suisse sympa qui nous fait oublier qu’on est pressé… On attrape le bus de justesse, complètement trempés et les pieds en compote à force de descendre. Le lendemain, on fait peine à voir, surtout quand on doit affronter des escaliers!
Après cette étape alpine, nous prenons la route pour le Corcovado, parc situé au sud est du pays, non loin de la frontière avec le Panama et réputé pour la richesse de sa faune. Encore une rando de deux jours, mais cette fois sans dénivelé ou presque puisque le chemin longe la plage tout du long. La principale difficulté du parcours n’est finalement pas la chaleur, qu’on trouvera plus supportable que prévue, mais la mer, qui, à marée haute, rend difficile voire impossible le franchissement de certaines plages. On se retrouve parfois à courir quand les vagues redescendent mais rapidement on doit se rendre à l’évidence : on sera mouillé! On troque nos chaussures de marche pour nos sandales et on court, on s’arrête quand les vagues nous rattrapent et on se raidit pour ne pas être déséquilibré par les vagues (l’eau ne nous arrive pas plus haut que les cuisses quand on se fait attraper mais on a déjà tout le loisir de se rendre compte de la puissance de la mer). Bref, on s’amuse bien mais on ne va pas toujours très vite!
Quand le chemin n’est pas la plage elle-même, c’est un sentier qui la longe en bordure de la forêt. On y croise des perroquets et une grande famille de koatis (drôles de bestioles faisant penser à un croisement entre singes et rongeurs) qui effraient Céline. Pour ne pas trop nous dépayser, on aperçoit aussi quelques singes. Juste avant d’arriver au refuge, on traverse une rivière sur une trentaine de mètres, l’eau ne dépassant jamais les fesses (en ce qui me concerne…).
Le lendemain, nous allons beaucoup plus vite pour faire le trajet dans l’autre sens car la marée est basse.
Nous croisons une famille de singes à tête blanche et nous avons même la chance de voir un puma juste avant de reprendre le bus! Il est en pleine chasse et l’affolement qui règne chez les singes, pourtant haut perchés, est vraiment impressionnant à entendre. Pas tout à fait assez réactifs, on dégaine une fois que le puma est en train de retourner dans la forêt, on pourrait presque croire qu’on a photographié un labrador!
Après tous ces efforts au Costa Rica, direction le Panama pour nous reposer un peu…